Les couples qui ne vont pas dormir à la même heure sont-ils en danger ?

13/01/16 à 08:45 - Mise à jour à 09:16

Source: Weekend

Le journaliste américain Bruce Feiler s'interroge dans un billet publié sur le New York Times, sur les habitudes de sommeil des couples: que se passe-t-il quand les conjoints ont des rythmes nocturnes opposés? Aller dormir à des heures différentes présente-t-il une menace pour une relation?

Les couples qui ne vont pas dormir à la même heure sont-ils en danger ?

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Au cours d'un dîner avec des amis, une des hôtes du journaliste américain lui fait une confession: tous les soirs, elle s'effondre dans son lit, après avoir couché ses enfants et se réveille vers 4h30 angoissée par ses problèmes au boulot. Son mari, de son côté, rentre tard du travail et ne se couche que vers 23 heures. Un autre invité raconte qu'il s'affale devant la télévision toute la nuit, sans parler de cette mère de famille qui aime savourer son café à l'aube, au calme, quand personne n'est encore debout à la maison.

Résultat pour ces couples aux rythmes nocturnes tout à fait décalés: ils se voient très peu en semaine et se demandent si, à la longue, ce décalage ne nuirait pas à leur relation. Une question qui a du sens quand on sait que 60% de la population mondiale dort avec une autre personne. Et quand l'une a des problèmes de sommeil - ronflements, insomnies,... - les deux peuvent en souffrir énormément car avoir un sommeil interrompu peut rendre de très mauvaise l'humeur, selon ces chercheurs qui préconisent plutôt une courte nuit, plus réparatrice.

Selon le NYT, les études scientifiques se sont jusqu'à présent penchées principalement sur les habitudes de sommeil des personnes seules, mais ce n'est que récemment que l'on s'intéresse aux effets bénéfiques et plus néfastes du lit conjugal partagé.

Des études basées sur les habitudes nocturnes de couples ont pourtant révélé un paradoxe. Chez les personnes dont le sommeil avait été analysé (mouvements des yeux et activité cérébrale), ils ont remarqué qu'elles dormaient généralement mieux quand elles étaient seules qu'a côté de leur conjoint. Pourtant, quand on leur demande si elles apprécient dormir seules, les personnes disent être moins satisfaites.

Dans les années '70, explique le quotidien new-yorkais, les chercheurs ont fait la distinction entre les "morning persons" ("personnes du matin") et celles qui s'activent plutôt en soirée, voire la nuit. Des études récentes montrent que faire partie de l'un ou l'autre groupe est défini en grande partie, par la génétique ainsi que par l'âge et le genre. Dans un couple, l'un peut donc très bien être du matin et l'autre du soir. D'autres individus n'ont besoin, eux, que de 4 heures de sommeil par nuit.

Tolérance

Till Roennenberg, professeur de chronobiologie à Munich interrogé par le média, explique aussi que chaque personne a une horloge interne unique. Il n'y a donc pas deux extrêmes (les gens du matin et ceux du soir), mais un spectre beaucoup plus large, presque infini.

"C'est très compliqué de demander à votre conjoint d'ignorer son horloge interne pour passer plus de temps avec vous. C'est possible, mais pas efficace, je pense. Si vous ne dormez pas pendant votre propre fenêtre de sommeil, vous ne serez pas aussi présente en société et efficace au travail, et c'est justement votre conjoint qui va s'en plaindre", prévient le professeur.

Pour Roennenberg, la tolérance de nos différences en terme d'habitudes de sommeil est cruciale. Et ces différences peuvent se révéler très utiles et même préserver un mariage. Roennenberg donne l'exemple d'un couple avec un nouveau-né. Dans cette situation, les deux parents aux rythmes opposés peuvent se relayer facilement pour s'occuper du bébé. L'un sera plus efficace la journée et l'autre, la nuit.

Une étude récente a aussi démontré que les femmes avaient un sommeil moins réparateur que les hommes. En cause: les bouleversements hormonaux et le stress de la vie familiale.

Quelles autres solutions s'offrent aux couples aux horaires décalés ? Heather Gunn, psychologue à l'université de Pittsburg est plutôt optimiste. Pour elle, il ne faut pas nécessairement aller dormir à la même heure pour avoir une relation saine et durable. Elle avance même que les couples qui vivent en décalage réussissent à mieux résoudre leurs problèmes. Elle conseille cependant à ces personnes de se dégager du temps pour se voir, que ce soit le matin au petit-déjeuner, une demi-heure avant que l'autre n'aille au lit, ou pendant le week-end.

Mais comment réagir alors quand l'un des conjoints insiste pour que l'autre se glisse sous la couette en même temps que lui ? Pour la psy, le conjoint qui oblige l'autre à s'adapter à son rythme de sommeil demande en fait autre chose : plus de sécurité et de proximité.

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