Manger moins et être heureux quand même

13/01/16 à 10:46 - Mise à jour à 10:47

Une nouvelle étude établit un lien entre la perception qu'a le cerveau lorsque les sujets reçoivent de la nourriture et lorsqu'ils reçoivent une récompense.

Manger moins et être heureux quand même

Peut-on manger moins et être heureux quand même? © iStockphoto

Est-il possible de manger moins et être heureux quand même? Oui, si l'on en croit une étude, réalisée par des chercheurs de l'Université du Collège Eller Arizona of Management, ainsi que de la Marshall School of Business de l'Université de Californie du Sud et du Collège Dornsife de Lettres, Arts et Sciences. Au cours d'une série d'expériences, il a été proposé aux participants de choisir entre une portion entière de nourriture et une demi-portion mais accompagnée d'un prix ou d'un jouet.

Les chercheurs ont découvert que la majorité des enfants et des adultes participants choisissaient plutôt la demi-portion accompagnée d'un jouet ou d'une gratification. Les auteurs de l'étude en ont donc conclu qu'offrir une petite récompense avec le repas motivait considérablement les enfants, mais aussi les adultes, à opter pour des quantités plus petites de nourriture.

Manger moins peut être une source d'insatisfaction

Selon des analyses basées sur une Imagerie par Résonnance Magnétique fonctionnelle (IRMf), le cerveau répondrait de la même façon à ces récompenses ou cadeaux qu'à un appétissant hamburger ou qu'à une part de pizza.

L'un des auteurs explique que pour certains individus, manger moins peut être une véritable source d'insatisfaction sur le court terme. Cependant, en combinant des portions alimentaires diminuées avec un autre plaisir sur le court terme (comme le gain d'un prix ou d'une récompense), le tout allié au désir sur le long terme d'être en bonne santé, on peut établir différentes sources de bonheur équivalentes.

L'espoir de gagner, une source de satisfaction en soi

Les chercheurs ont trouvé cela étonnant que le fait de recevoir une récompense motivait les participants à opter pour le plat le plus sain. Ils se sont également aperçus que la simple idée de recevoir une récompense était plus motivante que la récompense elle-même. En d'autres termes, les individus interrogés étaient plus enclins à opter pour une portion moins importante de nourriture s'ils pouvaient parier remporter en plus un gain aléatoire de type loterie, plutôt qu'une récompense connue d'avance de 10 dollars. Les gains lors de l'étude étaient de 10, 50 ou 100 dollars. L'espoir de gagner un prix monétaire (plus ou moins important) l'aurait donc emporté et aurait poussé les participants à renoncer à une partie de leur nourriture.

"Les récompenses sont plus évocatrices émotionnellement que le fait de gagner un prix dont on est certain," explique Reinmann, un des co-auteurs de l'étude. Il ajoute que "cette évocation émotionnelle est clairement présente lors de paris sportifs par exemple, lorsque l'incertitude de gagner procure décharge d'adrénaline. La possibilité de recevoir un prix provoque aussi un état d'espoir pour la remise de la récompense. Un état psychologique valorisant en soi."

Le concept "Happy Meal"

Le journal Science Daily compare d'ailleurs cette découverte au concept de Happy Meal de Mc Donald. Mais "contrairement aux Happy Meals, qui offrent un jouet à chaque fois, les adultes étaient prêts ici à sacrifier une partie de leurs calories en prenant un risque" commente encore Deborah MacIannis, un autre co-auteur de l'étude.

Par ailleurs, lorsque les participants associaient nourriture et prix monétaires, les chercheurs ont collecté des images par l'IRMf. Les résultats ont montré que la combinaison de demi-portions alimentaires, combinées à une récompense, activaient les mêmes zones du cerveau que les portions entières seules. En particulier, la couche associée à la récompense, au désir et à la motivation.

En conclusion, les chercheurs recommandent aux parents de récompenser leurs enfants, et donc de renforcer leurs accomplissements avec des motivations non-alimentaires, afin d'éviter ainsi de manger systématiquement de manière excessive.

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Source: Science Daily

MH Dufays

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