Cannes: un festival engagé

14/05/10 à 10:37 - Mise à jour à 10:37

Source: Weekend

Des stars de Hollywood, un "Robin des Bois" à grand spectacle suivi d'une fête fastueuse, mais aussi un appel à la libération du cinéaste iranien Jafar Panahi: le 63e Festival de Cannes respectait mercredi la tradition en mêlant paillettes et défense d'un 7e Art en prise sur le monde.

Cannes: un festival engagé

© AFP PHOTO / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

A quelques heures de l'ouverture du plus grand festival de cinéma mondial (12-23 mai), les ministres français des Affaires étrangères Bernard Kouchner et de la Culture Frédéric Mitterrand ont appelé à la "libération immédiate" du cinéaste de la "nouvelle vague" iranienne. Lauréat de la Caméra d'or du meilleur premier film en 1995 avec "Le ballon blanc", Jafar Panahi a été invité par le festival à rejoindre son jury 2010. Partisan de l'opposition au régime de Téhéran, il est incarcéré pour avoir "préparé un film contre le régime portant sur les événements post-électoraux". Politique aussi, la défection annoncée du ministre italien de la Culture. Froissé par la diffusion hors compétition de "Draquila", un documentaire de Sabina Guzzanti très critique sur la gestion du séisme de l'Aquila par le gouvernement de Silvio Berlusconi, le ministre a annulé sa venue sur la Croisette.

Cette édition est aussi synonyme de tensions en raison de la polémique suscitée par le film de Rachid Bouchareb, "Hors-la-loi", en lice pour la Palme d'or avec 18 autres longs métrages du monde entier. "Hors-la-loi", qui réunit le même casting (hormis Samy Nacéri) qu'"Indigènes" primé sur la Croisette en 2006, suit de la fin des années 1930 à l'indépendance algérienne en 1962, le destin de trois frères à travers les tumultes de l'Histoire franco-algérienne. Avant sa projection le 21 mai, il a été accusé de "falsifier l'histoire" par l'extrême droite, des associations de harkis (supplétifs algériens de l'armée française), d'anciens combattants et un député UMP (majorité présidentielle), Lionnel Luca. Mais au-delà des polémiques et des débats que ne manqueront pas de susciter d'autres films en prise avec la crise financière ("Inside job"), la guerre en Irak ("Route Irish" de Ken Loach, "Fair Game" de Doug Liman) ou le terrorisme ("Carlos" d'Olivier Assayas), l'heure était aussi à la fête, sous une Croisette enfin ensoleillée.


"Robin des Bois" de Ridley Scott devait lancer en beauté les festivités cannoises avec un dîner officiel d'ouverture, suivi d'une fête annoncée comme somptueuse sur la plage de l'hôtel Majestic.
C'est à 19H00 (17H00 GMT) que les deux stars australiennes du film, Cate Blanchett et Russell Crowe, et l'actrice française du film, Léa Seydoux, devaient fouler le tapis rouge.
Absent de la Croisette, le réalisateur du film est resté à Los Angeles, ses médecins lui ayant "interdit de prendre l'avion après une opération du genou", a indiqué le studio Universal.
Sur les marches aussi ce soir: le maître de l'animation et du baroque Tim Burton, président du jury 2010 et ses huit jurés, dont les comédiens Benicio Del Toro, Giovanna Mezzogiorno et Kate Beckinsale, l'écrivain Emmanuel Carrère, le musicien Alexandre Desplat ou le réalisateur Victor Erice. "Moi je pense que si Robin des Bois existait aujourd'hui, il s'occuperait du monopole des médias, c'est ça qui est en fait notre ennemi", a déclaré à la presse Russell Crowe, 46 ans, Oscar du meilleur acteur en 2001 pour "Gladiator" du même Ridley Scott. Woody Allen, Takeshi Kitano, Alejandro Gonzalez Inarritu, Nikita Mikhalkov ou Ken Loach sont attendus au festival.

Par Le VifWeekend.be, avec AFP

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