La fabuleuse histoire de Lilicup et de ses fondatrices, devenues reines du cupcake

24/08/15 à 14:31 - Mise à jour à 26/08/15 à 09:45

Source: Weekend

Elles ont popularisé le cupcake à Bruxelles. Lilicup, leur boutique, en débite plus de 200 000 par an. Ce succès ne les empêche pas d'aspirer à la paix des forêts.

Derrière cette histoire nappée de sucre glace, se cachent quatre enfants dont les prénoms sont à eux seuls une incitation à mener sa vie en dehors des passages cloutés. Pour Vanessa Ducheyne, il s'agit de Cheyenne, 10 ans, et de Gypsie, 7 ans. Pour Leila Strebelle, c'est le petit Darius, 6 ans, et Stella, 8 ans. Tout un programme poétique qui emmène des grands espaces à la voûte céleste. Pas étonnant, donc, que ce soient ces quatre petits êtres-là qui aient provoqué la rencontre de leurs mamans. D'ailleurs, on parie que plutôt que de s'être rencontrées, elles se sont reconnues. Le tout dans une petite rue du sud de Bruxelles. "Nos maisons étaient proches l'une de l'autre", explique Leila, fille du sculpteur Olivier Strebelle. Le rapprochement se fait progressivement.

La fabuleuse histoire de Lilicup et de ses fondatrices, devenues reines du cupcake

© Frédéric Raevens

De nature plutôt solitaires, les deux jeunes femmes s'apprivoisent. D'abord, ce sont les goûters que l'on improvise après l'école, puis c'est tout un univers de références partagées qui rapproche. Le goût des mots, celui de la lecture, une sensibilité commune se dessine. "On a eu envie de faire quelque chose ensemble, quelque chose qui soit créatif", précise Vanessa Ducheyne. Toutes deux aiment cuisiner, le domaine les attire, mais elles se voient mal se lancer dans la restauration pure. "Le cupcake nous est venu par hasard. La pâtisserie classique nous plaisait, mais rien ne nous satisfaisait vraiment, ni les éclairs et autres merveilleux, ni même les recettes de cupcakes dénichées à droite et à gauche. On est parties sur une base de carrot cake que l'on a amélioré avec un glaçage... Cet essai nous a plu. Travaillé autrement, on s'est dit que le cupcake pouvait avoir un côté ludique tout en gardant un aspect comfort food assez intéressant", détaille Leila Strebelle dont les origines américaines, du côté de sa mère, l'ont sensibilisée au potentiel de la pâtisserie anglo-saxonne.

Elles débutent chez elles et font leurs armes auprès de leur entourage direct. Très vite, le bouche-à-oreille fait son effet. Des demandes d'amis leur parviennent, puis d'amis d'amis. Elles hésitent à parler de " cupcake", car à l'époque, en 2009, personne ne sait de quoi il s'agit. Il reste que le petit délice fait rapidement son chemin à travers les palais. Au point que les deux jeunes femmes décident de se lancer dans l'aventure, même si autour d'elles, peu de gens y croient. "Il nous fallait une vitrine, c'est un produit très gourmand qui doit être vu", commente Vanessa. Le duo trouve une enseigne dans la rue du Page, quartier du Châtelain. La sauce prend. En cause, la food mania qui passe par là. Avec son look de dînette rose et blanc, son mobilier chiné, ses saveurs de peanut butter et de dulce de leche, Lilicup cartonne. Seul hic, la quantité de travail à abattre. "Pendant trois ans, on a commencé à 2 heures du matin pour s'arrêter vers 18-19 heures, c'était trop", explique Vanessa.

Aujourd'hui, le tandem a pu engager un pâtissier grâce à une moyenne de 200.000 cupcakes vendus par an. Du coup, Leila et Vanessa ne touchent plus le sol ? Ce n'est pas vraiment le genre de la maison. Si l'on devait oser une métaphore, on dirait que cette paire farouche est à la pâtisserie ce que CocoRosie est à la scène musicale, soit une cellule totalement atypique qui compose ses morceaux à partir de bruits d'eau, de casseroles ou de jouets pour enfants. Tout comme les soeurs Casady, Vanessa et Leila possèdent un univers décalé et précieux plutôt mal à l'aise avec tout ce qui scintille, mais totalement chez lui dans les marges de ce monde. Leila rêve de cabanes dans les bois, d'habitations alternatives, de recettes glanées en forêts. Vanessa aime les géographies tordues, celles que l'on peut retrouver dans les romans de l'Islandais Arnaldur Indridason, où les lacs se vident périodiquement. Une belle façon de ne pas se voiler la face et d'envisager avec sérénité ce qui est à venir : le plein finit toujours par faire place au vide. Cette façon de voir les choses les empêche de plonger à pieds joints dans les miroirs aux alouettes de l'époque : multiplications des points de vente, franchises et autres corners aux quatre coins de la ville. Uniques elles sont, uniques sans doute elles resteront. Sans oublier, au passage, de rendre hommage aux quatre étincelles qui ont mis le feu aux poudres. Cheyenne, Darius, Stella et Gypsie sont désormais quatre cupcakes délicieux inscrits à leur carte.

www.lilicup.com

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