Icônes électrique: Justin Jones, Le Romantique

09/09/11 à 11:47 - Mise à jour à 11:47

Source: Weekend

J'adore acquérir des disques (anachronisme) au hasard, au pif. Délicieuse sensation d'un plongeon sans filet dans un inconnu éphémère et pas toujours inoffensif. Certains disques changent des vies, si, si...

Icônes électrique: Justin Jones, Le Romantique

Une belle pochette peut suffire. Un nom de groupe élégant aussi. Comme acheter une paire de chaussures sans savoir si on la portera, on n'a pas pris la peine de jeter un coup d'oeil à la pointure parce que ça n'a aucune importance. And Also The Trees, groupe britannique formé en 1979 et toujours en activité de nos jours fait partie de ces élans irrépressibles et nécessaires. La nature morte ornant la pochette de leur album Virus Meadow sorti en 1986 m'avait conquis. Prairies, arbres, virus, fruits pourris et contre-jour, ok j'achète sans écouter, j'aime déjà. Dès les premiers tours de sillons (re-anachronisme), j'eus la conviction que ce groupe allait m'accompagner pour un sacré bout de chemin. De fait. Lors d'un concert à Paris au printemps dernier, j'eus la chance de retrouver l'album précité dans une boutique d'occasion admirablement fournie de trésors d'antan. Vingt-cinq ans plus tard, la sensation est la même. Souffle coupé. Virus Meadow débute par la seule guitare de Justin, suspendue à deux notes, simple comme un coucher de soleil. Guitare au son de mandoline. Guitare au son d'un orchestre de mandolines. Soyeuse, théâtrale, dramatique. Justin tisse des fresques mouvantes où s'affrontent des forces titanesques. On se croirait dans Le Lac des Cygnes ou Tristan et Iseult. On ose à peine respirer. Tout s'y trouve, le lyrisme, la passion, la retenue, la rage et le silence. Le silence, cette chose magnifique qui se produit quand l'être humain se rend compte qu'il n'a rien à dire. Lorsqu'il s'aperçoit qu'il ferait mieux d'écouter.

Jérôme Mardaga

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