Icônes électriques: Kevin Shields, le grand frère

10/11/10 à 13:03 - Mise à jour à 13:03

Source: Weekend

Tous les quinze jours, Jérôme Mardaga nous parle d'un des musiciens qui a marqué sa carrière.

C'est celui qui vous entraîne dans les mauvais coups en vous faisant promettre de garder le silence. Mauvais coups donc : faire le mur à pas d'heure pour rejoindre un squat, imitations de signatures en tous genres afin de justifier les absences répétées du lundi matin au bahut. Cigarettes un peu fortes derrière le cyprès, camouflages, dissimulations, on n'a pas le permis mais on roule tout de même. Et tant pis si les pneus sont fusillés au petit matin. Grand frère un poil limite, un rien effrayant mais une fois sur le bateau, à la pêche, au rire et au frisson loin de la côte, c'est follement amusant. Le vent dans les yeux si vous voulez. Et un beau jour, le grand frère monte un groupe de rock avec sa copine, Bilinda, sirène à guitare rouge, et redessine le paysage sonore ambiant. D'un seul coup la machine s'emballe et le grand frère parcourt la planète en dépassant largement les normes sonores autorisées. En dépassant également le seuil de tolérance du chéquier de son producteur. Mais pas démonté pour un sou le frangin, s'enfermant, s'enfumant dans un studio pendant deux ans à la recherche du son de demain. Qu'il finira par trouver mais en y laissant sa santé, son mental, sa vie en somme. Il me manque le frangin, plus aucune nouvelle, mais ou diable est-il donc ? Maman en est presque morte de chagrin. Elle est prête à tout pardonner Kevin, reviens à la maison. On reprendra nos petits coups en douce, le terrain vague n'existe plus mais le chauffeur de bus n'a pas changé, on pourra à nouveau le tourmenter gentiment. Et la nouvelle voisine est diablement jolie. Je sais qu'avec Bilinda, c'est fini. Que ton groupe est mort malgré la reformation grotesque de l'an passé. Ce n'est pas grave. Reviens Kevin, reviens.

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