Icônes électriques: Mauro Pawlowski

11/03/11 à 13:33 - Mise à jour à 13:33

Source: Weekend

Tous les quinze jours, Jérôme Mardaga nous parle d'un des musiciens qui a marqué sa carrière.

Si j'étais une fille...
Rien que son nom. Cela pourrait être le titre d'un film "à la" David Lean. Une épopée grandiose à travers les steppes d'une époque troublée. Je l'imagine traversant les frontières, regard narquois aux miradors et faux passeport. Son jeu de guitare en quelques mots : déstructuré, atonal, épique, iconoclaste. Pour l'avoir côtoyé pendant un mois lors d'une tournée désastreuse avec dEUS (le désastre c'était moi, pas dEUS, mais je pense que vous l'aviez deviné), je peux vous affirmer que malgré ses airs d'agent secret, ce garçon est charmant. C'était toujours lui qui frappait timidement à la porte de ma loge pour m'inviter aux after-parties. Il osait à peine entrer. Une voix douce et basse, un regard bleu métal abyssal et mèche noire en fanion. J'adorais ses boots. Une fois sur scène, Mauro Pawlowski se transforme en tueur. Attention bandit. Mais c'est ce genre de malfrat qu'on admire : celui qui saute de toit en toit, qui dévale les escaliers de secours huit à huit, qui ne tire que pour se défendre. Ce genre d'espion que la police n'attrapera jamais. La classe, ça ne s'enferme pas. Lors de mes catastrophes en avant-première de dEUS, je filais regarder leur concert après avoir versé toutes les larmes de mon corps tant je me sentais ridicule face à eux. Et je l'étais. J'allais prendre une bonne raclée de musique et d'attitude. Et sur scène, je ne voyais que lui. Largement plus beau que ses confrères d'ailleurs. Je l'ai croisé, il y a peu, mais il ne m'a pas "recadré", pour dire combien j'ai laissé un souvenir marquant. Je n'ai aucune honte à dire que j'aime regarder les beaux garçons. Qu'un beau mec vaut parfois une belle nana. Surtout s'il joue de la guitare comme un dieu. Ah si j'étais une fille...

Jérôme Mardaga

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