Jérôme Mardaga: Cindy Cashdollar

10/12/10 à 14:57 - Mise à jour à 14:57

Source: Weekend

Tous les quinze jours, Jérôme Mardaga nous parle d'un des musiciens qui a marqué sa carrière.

La Classe. Arriver presqu'au terme de cette saison sans évoquer une grande dame eut été un manque d'élégance. Une muflerie. Et de grandes dames, le monde de la guitare n'en manque pas : Kristin Hersh, Edith Fambuena, Joan Baez, Juliana Hatfield, Odetta... Simplement, ces déesses sont plus discrètes que leurs homologues masculins. Moins obsédées à l'idée de faire parler d'elles à tout prix comme il est de coutume dans ce monde (im)pitoyable. Et pourtant que de fines lames sont-elles !

Cindy Cashdollar n'est ni jeune, ni à la mode, ni rien. Née à Woodstock en 1956, je parie mon slip que la plupart d'entre vous, fidèles lecteurs, n'avez jamais entendu parler d'elle. Cindy a promené son Dobro avec les plus prestigieux (citons Bob Dylan) sur des albums gigantesques (Time out of mind du Tonton Zimmerman pour éviter de me répéter). Outre-Atlantique, c'est une pointure, témoin vivant de la "grande époque". Rappelez-vous, quand le fric savait encore rester à sa place. Un monument de la musique traditionnelle américaine qui est absolument méconnue par ici et déformée par les préjugés et l'ignorance. De plus et c'est cher à mes yeux, Cindy est un vrai pédagogue, elle aime à partager son savoir et son expérience. Elle aime donner. Il suffira de tendre l'oreille pour se rendre compte combien cette dame est bonne et belle.

Une de ses autres qualités est la franchise : un soir dans un studio à Miami, elle n'hésitera pas à remballer l'Oncle Bobby (voir parenthèses plus haut), sous prétexte qu'il ne lui laissait pas libre champ sur une chanson. Admirable. Elle est capable de sortir des soli d'une élégance rare, mélangeant différents styles, réinventant l'audace à chaque accord. Et c'est ce que tout musicien se doit de tutoyer, l'audace. Merci tellement de nous le rappeler Miss Cashdollar.

Jérôme Mardaga

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