Jérôme Mardaga revisite Paul Weller aka The Modfather

03/11/11 à 11:16 - Mise à jour à 11:16

Source: Weekend

Prolo propulsé pop-star par erreur de scénario à 17 ans, alors qu'il bastonne ferme avec The Jam, son trio punk, Paul Weller n'aura finalement connu que la musique.

Jérôme Mardaga revisite Paul Weller aka The Modfather

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Je l'imagine ado, en train de rêver à son futur, accoudé à la balustrade du canal de Basingstoke : " Un jour, je serai à Top of the Pops et un jour, je sortirai des disques. " Il est certain qu'il a beaucoup écouté les Beatles, les Kinks et les Who et qu'un soir fatal, il est allé pogoter dans un concert des Sex Pistols au club du coin. Pire encore, il a dû lire et relire les textes de Joe Strummer, découvrant ainsi un rockeur qui osait enfin prendre position sur l'état de l'Angleterre de la fin des années 70. Et puis probablement beaucoup de musique noire.

The Jam va donc déferler dans les jeunes oreilles britanniques et Paul se voir élever au rang de porte-parole de sa génération. Car Weller conte la vie de ses fans, celle de l'Angleterre ouvrière naufragée de 1977. Son jeu de guitare à l'époque : mince, racé, élégant. Comme sa guitare, la Rickenbacker 330. Comme les vêtements qu'il porte. Mod de la tête aux pieds avec le scooter et tout et tout.

Sa carrière adoptera ensuite un méandre ironique et surprenant avec son second groupe, The Style Council, trop tête-à-claques pour ses fans de base. Les années 80 seront difficiles, Thatcher est en plein coup d'état. Puis le retour en grâce avec son fabuleux album solo Wild Wood dix ans plus tard. Paul renoue avec ses fans, les radios, la presse et surtout sa guitare. C'est un triomphe.

Je l'ai vu sur scène à cette époque précise et j'ai retenu la leçon : tu seras musicien, pas pop-star. L'une des plus belles histoires britanniques du siècle passé.

Jérôme Mardaga

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