Kris Van Assche ou l'art d'enchanter le vestiaire masculin

10/09/15 à 10:33 - Mise à jour à 10:57

Source: Weekend

Rares sont les griffes qui, durant les Fashion Weeks dédiées à la mode masculine, sortent le grand jeu comme Dior Homme. Rencontre avec son directeur artistique.

Kris Van Assche ou l'art d'enchanter le vestiaire masculin

Kris Van Assche. © Karim Sadli

Qui est l'homme Dior de l'automne-hiver 15-16 ?

Pour toutes les collections que je crée, je pars toujours d'un personnage imaginaire. Un peu comme dans un scénario de film, il lui arrive des aventures pour lesquelles il aura besoin de vêtements. Dans ce cas précis, j'avais en tête un jeune sur le point d'emmener sa petite amie pour la première fois à l'opéra Garnier. Pas pour une représentation du Lac des Cygnes, non. Plutôt pour un spectacle de danse contemporaine d'Anne Teresa De Keersmaeker. Bien sûr, il connaît tous les codes de l'élégance, il sait parfaitement ce qu'il faut porter un soir de première. Donc il sort son smoking, sa chemise blanche, son noeud papillon, la totale ! Mais comme il est dans un jeu de séduction, il veut aussi avoir l'air franchement cool, alors il twiste tout ça avec des baskets, une casquette en jeans...

Cette saison, le côté formel du vestiaire est contrebalancé par des pin's décorés de fleurs séchées.

Cette saison, le côté formel du vestiaire est contrebalancé par des pin's décorés de fleurs séchées. © © Gaetan Bernard / MM Paris

Avez-vous eu envie dès le départ de faire de la mode masculine ?

Pas du tout ! Lorsque j'étais étudiant à l'Académie d'Anvers, je me consacrais à la femme. Je suis tombé dedans un peu par hasard, en décrochant mon premier stage (NDLR : chez Yves Saint Laurent sous la direction d'Hedi Slimane) qui est devenu ensuite mon premier job. Lorsque je me suis décidé à lancer ma propre marque, je venais de passer six ans comme assistant à aider à la réalisation concrète de la vision de quelqu'un d'autre, tout en forgeant la mienne parallèlement. Assez naturellement, l'Homme a pris le dessus. Quoi qu'il en soit, je ne vois pas fondamentalement de différence dans la manière de travailler, la démarche créative est toujours la même.

Une mise en scène grandiose, avec orchestre philharmonique, pour le défilé hivernal de Dior Homme. © Adrien Dirand

Une mise en scène grandiose, avec orchestre philharmonique, pour le défilé hivernal de Dior Homme. © Adrien Dirand © © Adrien Dirand

Il y a plusieurs Belges chez Dior - Raf Simons pour les collections Femme, Peter Philips au maquillage, Willy Vanderperre pour les campagnes -, est-ce qu'un vent de belgitude souffle aujourd'hui sur la maison ?

Je pense que c'est un hasard que nous soyons justement tous Belges, je n'imagine pas monsieur Arnault (NDLR : propriétaire du groupe LVMH) ni monsieur Toledano (NDLR : le PDG de Christian Dior Couture) engager quelqu'un sur base de son passeport. Ils ont choisi des talents, c'est tout. Bien sûr, cela nous amuse. Peter est un de mes grands amis, il faisait déjà les maquillages de mes collections lorsque j'étais étudiant. Je suis super content pour lui qu'il soit chez Dior. Raf et moi, nous nous sommes très peu croisés à Anvers, parce que nous n'étions pas exactement de la même génération et il n'a pas fait l'Académie. Je suivais évidemment son travail que j'admire d'ailleurs beaucoup, et il le sait. Ce qu'il est parvenu à mettre en place chez Dior Femme en si peu de temps est un succès. Quand Raf vient voir mon défilé, bien sûr, cela me fait plaisir. Si je travaille avec Olivier Rizzo et Willy Vanderperre pour mes campagnes depuis des années, ce n'est pas parce qu'ils sont Belges mais parce que nous partageons la même sensibilité. Cette histoire de courant belge m'a toujours parue très étrange, déjà lorsque l'on parlait des Six d'Anvers. Il suffisait de regarder la différence entre le travail d'un Walter Van Beirendonck et d'une Ann Demeulemeester pour savoir que l'on ne pourrait pas les mettre dans le même sac. Et cela reste vrai vingt ou trente ans plus tard.

Retrouvez l'interview complète du directeur artistique de Dior Homme, Kris Van Assche, dans Le Vif Weekend Spécial Homme de ce 11 septembre 2015.

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