L'affaire (juteuse) est dans le sac

15/03/12 à 13:58 - Mise à jour à 13:58

Source: Weekend

Même si elle n'aime pas le terme, sans doute trop clinquant pour la discrète héritière d'une maison qui, depuis plus de quatre-vingts ans, mise sur l'authenticité et le savoir-faire de ses artisans, Silvia Fendi a bien inventé le itbag.

L'affaire (juteuse) est dans le sac

C'était en 1997, au mitan de ces années où le minimalisme régnait en maître sur les catwalks et les cabas en Nylon noir, siglés Prada ou copiés, sur la rue. La directrice de création "Homme et accessoires" de la griffe qui porte son nom prend alors la tendance à revers en imaginant un petit modèle ultrasophistiqué, estampillé d'un double F bien visible. Comme le pain français, il se porte sous le bras, une journaliste américaine le surnomme Baguette, on se l'arrache, la liste d'attente s'allonge, un mythe est né. Aujourd'hui vendu à plus d'un million d'exemplaires, décliné en un millier de versions, du denim au python en passant par les éditions limitées les plus dingues, customisées par Jeff Koons ou tissées d'or, c'est l'archétype de l'accessoire qui fait vivre une marque de mode. Depuis, tous les labels prestigieux valorisent leur sac iconique, qu'il ait été formaté dès le départ pour le devenir, comme le Saddle dessiné en 2000 par Galliano pour Dior, ou repêché dans les archives et soit devenu emblématique - c'est le cas du Kelly d'Hermès ou du 5.5 de Chanel.

Plus identitaire et surtout plus abordable - tout est relatif - qu'un total look, il est incontournable pour toute fashion victim qui se respecte. Cela aussi, Silvia Fendi l'avait pressenti, elle qui, la première, a glissé ses Baguettes sous le bras des mannequins lors des défilés Femme, démontrant par là qu'une marque de prêt-à-porter peut faire d'une pierre deux coups. Ou même trois, comme chez Vuitton, ce 7 mars à Paris : les élégantes passagères du train à vapeur qui donnaient à voir la collection hiver 12-13 se laissaient décharger de leurs encombrants bagages par un groom trottinant à leur côté, les bras chargés de cartons à chapeau en croco, valises rétro, sacoches en cuir ou à poils longs. Trois sacs par mannequin, en moyenne, pour cet itbag parade.

Delphine Kindermans

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