La chute libre

16/05/13 à 15:47 - Mise à jour à 15:47

Source: Weekend

Surprise à l'aérodrome de Temploux : mon homme m'offre le saut en tandem dont je rêve depuis toujours. Je sautille comme une gamine. Tu stresses ? Même pas.

La chute libre

Nous sommes bien à l'avance et j'ai donc le temps de voir les autres parachutistes atterrir. Bon dieu qu'ils vont... vite ! Je vais me ramasser comme une crêpe ! Mon instructeur confirme : c'est à l'atterrissage qu'on a le plus de chance de se faire mal. "Sauf si on lève bien les jambes à l'horizontal". Je regrette d'avoir zappé mon cours d'abdos-fessiers. Heureusement, sur la combinaison, deux sangles aux genoux sont spécialement dédiées aux mous du bide.

Après un bref briefing, je mémorise la position : jambes en arrière, bassin en avant et tête sur l'épaule de l'instructeur. J'enfile la combi au-dessus de mon jeans, puis le harnais. Pour Top Gun, on repassera : j'ai la même démarche que mon bébé. Dans le Pilatus, nous sommes onze, serrés comme des sardines.

Quelqu'un baragouine un "trim en position", et tous les autres le remercient. Je fais l'erreur de demander pourquoi : "Parce qu'il y a dix ans, il y a eu un crash à cause d'un trim mal positionné, depuis c'est devenu une tradition avant chaque décollage". Ça y est, maintenant, je stresse. L'avion ralentit, nous sommes à 4 000 mètres. La portière glisse. Face à nous, le vide. Deux secondes plus tard, on saute, j'ai l'estomac dans la gorge. Et si je venais de faire la plus grande bêtise de ma vie ? Le temps de nous stabiliser, corps face au sol, et là... Magie. Je vole. 45 secondes de sensation intense de liberté. Mes lunettes se barbouillent de larmes à cause de la vitesse. Mais j'ai un sourire XXL. Le parachute s'ouvre. J'hurle un "géniaaal". Et profite des 1 500 mètres de vol pour observer Namur d'en haut. C'est beau. L'atterrissage ? Comme une fleur...

Valentine Van Gestel

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