La Tabi de Martin Margiela exposée

08/11/12 à 12:32 - Mise à jour à 12:31

Définition originelle. Tabi, n.f. japonais, chaussette traditionnelle japonaise au gros orteil séparé des autres, portée indifféremment par les hommes et les femmes dans des zori, geta et autres tongs. De là vient le mot Jika-tabi, "tabi qui touche le sol", chaussure Homme, portée par les ouvriers, les fermiers, les jardiniers et les tireurs de rickshaw au Japon.

Réinterprétation Dès son premier défilé et sa première collection datée du printemps-été 1989, Martin Margiela chausse ses mannequins de Jika-tabi, immédiatement rebaptisées Tabi. On n'avait jamais vu ça, une forme féerique et animale, réminiscence L'Après-midi d'un faune. Longtemps, elle sera la seule paire de chaussures dessinée par la maison, puis en 1998, elle intégrera la ligne 22, "shoes for women".

Déclinaison La Tabi, combien de versions ? Personne ne connaît la réponse - une icône, cela ne se dénombre pas, n'est-ce pas ? Toujours est-il qu'elle existe recouverte de ciment, de graffitis, de confettis, de paillettes, en glace, plastique, aluminium rosé, format boots, ballerine, escarpin, cuissarde, à talons ronds de 8 centimètres, à plat. Et aussi en format sculpture et même en cire blanche et mèche noire, ça, c'est pour le côté déco.

Installation Voire exposition, dans la première boutique MMM en Europe, laquelle se trouve à Bruxelles, rue de Flandre. Nicola Vercraeye, le propriétaire et un peu maître du temple, collectionne tout de MMM - les invitations, les vêtements, les objets -, il a vu tous les défilés (sauf un, il ne se le pardonnera jamais), a joué les habilleurs sur le tout premier en octobre 1988, alors qu'il était encore étudiant à l'Académie d'Anvers, section mode, la coïncidence. Depuis, il n'est jamais tombé en désamour pour Martin et sa maison. Il dit "nous", parce que c'est ainsi chez MMM, le collectif en guise de garde-fou. Il voulait "montrer quelque chose qui soit vraiment du Martin, qui a toujours existé et qui n'a jamais changé de forme". Jusqu'au 24 novembre, il installe donc dans sa boutique les Tabi, de l'origine à nos jours. Sur des socles blancs, évidemment, dans un univers désormais codifié qui force l'admiration. Sonnez pour entrer.

A.-F. M

Maison Martin Margiela, Tabi shoe-maker, jusqu'au 24 novembre, au 114, rue de Flandre, à 1000 Bruxelles. RSVP: mmmbxl@skynet.be

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