Les Belges à Paris en 5 tableaux vivants

27/02/15 à 10:00 - Mise à jour à 12:19

Quand les Belges défilent à Paris et montrent ce dont ils sont capables en version printemps-été, la mode prend des allures de tableaux vivants. La preuve en images.

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Rubrique: Style de vie. Mots Clés: Défilé de mode /

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09

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Rédacteur :

AFM

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Quand les Belges défilent à Paris et montrent ce dont ils sont capables en version printemps-été, la mode prend des allures de tableaux vivants. La preuve en images.

Maison Martin Margiela

Dans la magnificence de l'hôtel particulier Salomon de Rothschild, Maison Margiela, qui porte encore le prénom de Martin mais plus pour longtemps, fait défiler 36 silhouettes printanières avec retour à ses fondements. Soit le body couleur chair comme fil rouge de l'ultime collection d'une équipe en blouse blanche bientôt remplacée par John Galliano, d'où l'abandon du prénom dans le patronyme de la griffe. La chose ne sera cependant annoncée officiellement que le 6 octobre dernier, dix jours après ce show de l'entre-deux. L'ère de l'anonymat s'est donc figée là, dans une envolée de marguerites posées en cascade sur les lunettes, les sandales, les jupes tabliers et les vestes courtes ou oversized. Demain est un autre jour.

Haider Ackermann

Au Couvent des Cordeliers, il a opté pour une déclinaison poétique de son univers foisonnant. Sourcils floutés, perruques blondes presque blanches, filles éthérées, silhouettes longilignes, superpositions épurées, avec quelques volants et ruchés, on ne se refait pas. Haider Ackermann montre un nouvel élan, où la maille épouse la mousseline, où le lilas, le gris, le vieux rose, le vert olive et toute la gamme des blancs jouent la carte de la légèreté. Un dandysme au féminin qui fait merveille.

Christian Wijnants

Transparence, contraste et broderies. Le virtuose de la maille mérite bien son titre.

Jean-Paul Lespagnard

Entre surréalisme et boucherie, hommage d'un créateur fantasque qui aime le savoir-faire des brodeuses-perleuses guatémaltèques.

Ann Demeulemeester

Voici le sacre du printemps, version Sébastien Meunier, deuxième saison, qui habille des " amazones déguisées en petits messieurs qui plantent leur champs et redonnent la vie ". Jeu de superpositions, noir et blanc opposés et rosaces brodées dans un esprit Art & Craft. Le successeur d'Ann Demeulemeester connaît bien la chanson.

Véronique Leroy

Une garde-robe essentielle, existentielle. S'incliner devant la maîtrise des matières et le travail sur la transformation.

Cédric Charlier

Un vestiaire basé sur le tailoring qui lorgne vers le féminin. Apprécier sa fantaisie et sa fluidité.

Anthony Vaccarello

Sur leurs corps drapés, elles portent fièrement les lettres qui composent le nom d'Anthony Vaccarello et de cette saison, Spring Summer, chiffrée 2015. Mais elles ne sont pas pour autant transformées en femmes-sandwichs, car l'alphabet se découpe, se fait abstrait, se fiche sur les fesses, se superpose ton sur ton. Son savoir-faire, Anthony Vaccarello le décline en noir, en blanc, en bleu avec rayures tennis ou en lettrages rouges sur blancheur printanière. Une garde-robe affûtée qui comporte toutes les pièces indispensables à ses muses contemporaines.

A.F. Vandevorst

Au garage Lübeck, les A.F. Vandevorst n'ont pas lésiné sur les fumigènes, qui servent d'écran atmosphérique à un voyage dans les airs. Ils parachutent leurs combattantes dans un monde où les uniformes n'ont jamais été aussi féminins, voire sexy. La silhouette qui ouvre et ferme le bal est faite d'une toile aéronavale devenue robe bustier avec traîne. La bande-son, un Kyrie un peu borderline, couvre à pleine puissance la marche de ces belles aux herbes folles fichées dans les cheveux. La suite se décline en parfaite adéquation avec ce que sont An Vandevorst et Filip Arickx, avec ce qu'ils ont toujours été. Pour le meilleur.

Veronique Branquinho

La transparence, le plissé, le blanc et l'or pour dire " la beauté des choses non finies ".

Jean Paul Knott

L'attitude, l'architecture simple et la déconstruction pour raconter la modernité.

Dries Van Noten

Dans son jardin d'éden, au Grand Palais, Dries van Noten a fait poser au sol un tapis tufté comme une oeuvre d'art, un heureux dégradé de verts, couleurs lichen, herbe et mousse. Le créateur anversois marie toutes les formes d'un vestiaire nourri de références, sans jamais être pesant. Et ne s'interdit jamais rien, ni les plumes, ni les riches broderies, ni les imprimés seventies, ni les kimonos, ni les sarouels, ni les rayures tennis. A la fin du show, ses jeunes filles ophéliennes languides arrêtent le temps, offrant ainsi le tableau merveilleux du premier matin du monde.

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