Rykiel forever

14/02/18 à 21:00 - Mise à jour à 12/02/18 à 13:24
Du Le Vif Weekend Black du 15/02/18

Elle connaît sur le bout des doigts les joyeux et libres préceptes de la maison. La directrice artistique de la griffe fondée par Sonia Rykiel souffle les bougies d'un cinquantième anniversaire plus Rive Gauche que jamais. Pour l'occasion, en exclusivité, elle replonge dans les archives, rend hommage à la grande dame rousse et dessine des lendemains qui chantent.

La nuit s'accroche au porche de Saint-Germain-des-Prés, sur le boulevard, juste après le café de Flore, le néon du Rouquet fait comme une flaque rouge, Mai 68 n'a pas réussi à dézinguer son ambiance de brasserie Formica. On aurait presque pu y boire un verre avec Sonia Rykiel, n'étaient la date et l'obsolescence programmée de l'être humain. Mais peu importe l'absence, son fantôme veille. A l'angle de la boutique amirale, la rue des Saints-Pères accueille les bureaux de sa maison qui appartient majoritairement, depuis 2012, à la compagnie d'investissement hongkongaise Fung Brands et que Julie de Libran pilote d'une main sûre, à 46 ans, en partenaire reconnue. Celle qui fut nommée à la tête de la direction artistique de ce label si parisien, en mai 2014, parle parfaitement le langage Rykiel avec, parfois, une très légère pointe d'accent américain - naître à Aix-en-Provence puis grandir à San Diego, Californie, laisse des traces. Dans son espace germanopratin qui lui sert de lieu de création, un tapis à poils longs vert émeraude contraste nonchalamment avec le fauve clair du canapé en cuir tandis qu'une table basse de marbre et miroir reflète la bibliothèque, forcément tapissée de livres, l'héritage est sauf. On attrape au vol quelques titres qui disent " Elsa Schiaparelli ", " art ", " architecture " et surtout " Sonia Rykiel ". Comme en écho, un portrait enflammé de la dame côtoie un dessin signé par elle et dont elle lui fit cadeau - Julie de Libran a reçu la bénédiction de la reine de la démode, cela vaut tous les sésames. " Je l'ai rencontrée quand je suis arrivée ici. J'ai eu cette chance, plusieurs fois. Je l'avais certes déjà croisée à Paris mais me rendre chez elle, vivre ces moments privilégiés toutes les deux, c'était émouvant. Et merveilleux. Elle était comme je me l'imaginais, forte, belle, sensuelle, avec des gestes très élégants, habillée tout en noir sous sa chevelure rousse, et puis cette présence... Elle m'a tout de suite donné un conseil : il fallait que je sache dire non. "
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