La Grande Arche de la Défense défigurée?

23/09/16 à 14:09 - Mise à jour à 15:41

Une poignée d'architectes célèbres lancent un pavé dans la mare pour défendre le bâtiment parisien, en passe de devenir une "presque Arche", suite à sa rénovation partielle.

La Grande Arche de la Défense défigurée?

© Matt Biddulph / Flickr

Jean Nouvel, Paul Andreu, Dominique Perrault, Renzo Piano... Ils sont quinze, parmi les pointures de la planète architecture, à avoir cosigné dernièrement une tribune dans le quotidien Le Monde pour dénoncer la situation.

Bâtie il y a trente ans et faisant partie de la liste des grands projets présidentiels qui marquent Paris, la Grand Arche de la Défense se devait d'être restaurée. Les plaques en marbre qui couvrent ses façades se délitent progressivement, le building n'est plus aux normes thermiques actuelles et les bureaux ne répondent plus vraiment aux besoins des usagers, sans compter l'ascenseur panoramique et le dernier niveau, inaccessibles au public depuis plusieurs années...

La Grande Arche de la Défense défigurée?

© Wikicommons

Si l'Etat, propriétaire des deux tiers du bâtiment, a bien lancé les opérations dans un souci de préservation de l'oeuvre originelle, et devrait clôturer le lifting pour la fin de l'année, le problème se pose pour le tiers restant... Pour les signataires, " c'est une presque Arche qui va être inaugurée, une Arche béquillarde et claudicante, car les propriétaires de la paroi Nord ont décidé de ne pas se coordonner avec les travaux menés par l'Etat et de remplacer les plaques en marbre manquantes par de la tôle émaillée de même ton. Axa et la Caisse des Dépôts nous préparent pour la fin de l'année une situation inédite : une Grande Arche pour partie remise à neuf, pour partie laissée à l'abandon ".

Les experts en art de bâtir montent donc au créneau pour défendre l'intégrité de l'ouvrage du Danois Otto von Spreckelsen, qui mourut avant la fin du chantier, épuisé par l'acharnement qu'il avait mis à bâtir " cette fenêtre ouverte sur le monde "... Mais ces starchitectes craignent également qu'un même sort soit réservé à leurs propres créations nationales d'ici quelques années : Parc de la Villette, Institut du monde arabe, opéra Bastille et autre musée du Quai Branly.

De quoi lancer le débat sur la préservation des constructions contemporaines, qui ne bénéficient pas encore de la même protection que le patrimoine ancien, mais sont pourtant les témoins d'une époque, la nôtre.

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