Maxime Jacquet, "bad boy" du design et chouchou des stars

18/10/16 à 09:17 - Mise à jour à 28/02/17 à 23:18

Source: Weekend

Surnommé le "bad boy du design", ce concepteur belge de 28 ans, originaire de Liège, emballe les "riches et célèbres" de Los Angeles en aménageant de façon avant-gardiste et excentrique leurs "modestes" demeures. Ce qu'il faut savoir de lui.

Maxime Jacquet, "bad boy" du design et chouchou des stars

Au 19e étage des Vine Towers à Hollywood, le penthouse de Maxime Jacquet transpire son amour pour la mode et le glamour. © SDP

Il était prédestiné pour ce métier

"J'ai toujours été attiré par le beau, résume Maxime Jacquet, qui a fêté ses 28 ans ce 12 septembre. "Décorateur d'intérieur" est un terme pompeux, réducteur, ça ne me va pas. Moi, tout m'inspire: la mode, l'architecture, la peinture, la musique."

Maxime Jacquet

Maxime Jacquet © SDP

Petit garçon, il demandait à saint Nicolas des décorations de Noël ou des draps de lit et changeait tout le temps la disposition des meubles de la maison, à commencer par sa chambre. C'était un besoin. "Je n'ai pas étudié le design parce que les rares écoles que j'ai visitées, à Paris notamment, sentaient tout sauf la créativité, continue-t-il. Elles auraient coupé mes élans. Ce que j'ai fait, c'est une formation en commerce, pour pouvoir gérer un business. J'ai toujours su que j'avais un truc."

Maxime Jacquet, "bad boy" du design et chouchou des stars

© SDP

A l'école de Visé, le Liégeois est considéré comme "un super extra-terrestre" : "Quand je disais aux gens que je voulais travailler dans la déco et partir aux Etats-Unis, ils me prenaient pour un fou furieux. Heureusement, j'ai des parents géniaux."

Il ose l'excentricité

Ce qui fait son succès ? Son côté décalé et audacieux, fashion et éclectique. "Entre Chanel et McQueen", disent certains.

Maxime Jacquet, "bad boy" du design et chouchou des stars

© SDP

"La tendance actuelle, c'est de tout mélanger. Les couleurs, les styles, les époques, les matières. Ça ne me pose pas de problème, mais l'ensemble doit être cohérent, avoir une personnalité, faire naître une ambiance et raconter quelque chose. Comme dans un film. Mon client, je l'écoute parce que je veux me mettre dans sa tête, le comprendre. Par ailleurs, on ne peut pas envisager que le visuel dans un espace. Il faut qu'il soit fonctionnel, que des gens puissent y vivre et bouger ! Mes commanditaires, en résidence privée, ont tous des enfants. Rien chez eux ne doit être figé. J'aime les intérieurs polyvalents, où on peut pousser les meubles pour une soirée. Le confort est aussi primordial."

Il travaille partout, sauf en Belgique

Ado, Maxime Jacquet cherche une bonne raison de s'envoler vers les Etats-Unis, où il a déjà bourlingué avec ses parents. A 19 ans, il la trouve... "Un célèbre couturier français a vu mes installations atypiques sur MySpace et m'a demandé de venir à Malibu pour m'occuper de sa propriété, se souvient-il. C'était une sorte de ranch avec des vignes. Je me suis aussi chargé de son yacht et de son avion. Ce projet m'a totalement emballé."

Maxime Jacquet en dit très peu sur les propriétaires des lieux prestigieux qu'il crée, la plupart étant des stars.

Maxime Jacquet en dit très peu sur les propriétaires des lieux prestigieux qu'il crée, la plupart étant des stars. © SDP

Pour celui-ci, il s'inspirera des collections de Ralph Lauren - le côté "native American", californien, un peu bohème, un peu indien, avec du bois recyclé, du turquoise, etc. "A l'époque, je ne parlais pas un mot d'anglais ; je communiquais uniquement en dessinant, s'amuse-t-il. Ce qui a scié ce premier client, c'est mon sens du détail. La barre de savon, le montage de fleurs, le plateau sur le lit... En huit ans, j'ai travaillé sur près de quarante habitations à Los Angeles, Hong Kong, Ibiza, Londres, Paris. Curieusement, je n'ai pas de clients en Belgique, où je suis revenu pourtant quelques fois récemment pour l'obtention de ma carte de résident permanent aux USA. Mes parents sont par contre souvent chez moi ; pour eux, c'est des vacances !"

Il est célèbre aux USA

Désormais à la tête de trois sociétés dont une de home staging, dont le but est de mettre en valeur les biens avant leur location ou leur vente, Maxime emploie dix personnes au quotidien et crée des produits - lustres, tables de billard... Il collabore également avec des marques, imaginant entre autres un canapé Jacquet pour Baxter.

Maxime Jacquet, "bad boy" du design et chouchou des stars

© SDP

Aux Etats-Unis, les grandes chaînes de télé sont très friandes de ses conseils et il apparaît notamment dans les séquences Open House de NBC et LAX TV Designer Tips de CBS.

L'homme est par ailleurs régulièrement à Hong Kong puisqu'il est membre du jury de l'émission A&D Trophy Awards Asia Pacific, où s'affrontent de jeunes décorateurs. Dans le passé, il a participé à The Real Housewives of Miami sur la chaîne Bravo. "Ce que j'aimerais dans un proche avenir, c'est montrer dans un programme qu'on peut décorer sa maison avec un petit budget. De quoi motiver la jeune génération", conclut-il.

Maxime Jacquet, "bad boy" du design et chouchou des stars

© SDP

Il a pensé la maison de Rihanna

Maxime a habillé les habitations de nombreuses personnalités parmi lesquelles David Guetta, Paula Abdul et... Rihanna. Mais, comme il a signé un accord de confidentialité avec toutes ces célébrités, il ne s'étend pas sur le sujet.

"Je comprends parfaitement les stars qui n'ouvrent jamais leurs portes aux médias. Elles sont sans arrêt jugées sur leur apparence, leurs déclarations publiques et la qualité de leur travail... Il est donc primordial qu'elles se retrouvent au calme dans un endroit sur lequel elles ont un contrôle total et que personne ne pourra critiquer. Pour ces people, c'est comme avoir un coffre-fort à la banque, un trésor secret..."

Maxime Jacquet, "bad boy" du design et chouchou des stars

© SDP

Quand on lui parle de ces artistes américains qui ont très mauvais goût en matière de déco, il répond qu'en effet, certains sont dans la surenchère, "parce qu'ils se veulent au-dessus de la moyenne à tous les niveaux".

Par Jean-Philippe Darquenne

Nos partenaires