3 questions à Ellen De Wolf, membre du jury du Weekend Fashion Award

09/10/13 à 14:50 - Mise à jour à 14:50

Source: Weekend

Chaque jour jusqu'au 14 octobre, un membre du jury du Weekend Fashion Award répond à 3 questions sur cet événement. Aujourd'hui, c'est au tour d'Ellen De Wolf, journaliste Mode pour Knack Weekend.

3 questions à Ellen De Wolf, membre du jury du Weekend Fashion Award

Quelles sont les qualités primordiales pour un jeune créateur qui veut réussir dans ce milieu de nos jours?

En premier lieu, il faut savoir supporter les critiques. En tant que créateur débutant, il vous arrivera souvent d'entendre des choses que vous auriez préféré ne pas entendre. Tous les créateurs font l'objet de critiques, même les plus grands, et il faut arriver à les gérer. Les jobs créatifs sont toujours un peu plus personnels et il est donc difficile de faire face aux commentaires négatifs.
Ensuite, il faut une sérieuse dose de patience. Les choses ne se font pas d'elles-mêmes.

La persévérance joue également un rôle important. Ce n'est pas parce qu'une boutique refuse vos créations dix fois, qu'elle n'acceptera pas à la onzième tentative. Il faut donc persévérer.

Il est important aussi de posséder un peu le sens des réalités. Les jeunes créateurs ont bénéficié d'une formation purement créative et c'est très bien. Cela leur permet de développer leur univers en toute liberté. Mais cela signifie également qu'un grand nombre d'entre eux ne disposent pas de suffisamment d'informations. Souvent, la prise de décisions financière et la détermination du public cible ne sont pas encore à l'ordre du jour. Est-ce nécessaire? Oui et non. Oui, car ils ont besoin de ce sens de la réalité pour vendre leur produit. Non, car ils peuvent engager quelqu'un pour s'occuper de ces tâches. Alors je leur conseille d'embaucher quelqu'un qui a un sérieux sens des affaires et des réalités.

Finalement, il faut qu'un créateur débutant fasse preuve d'originalité. S'il arrive sur un marché déjà saturé, il devra miser sur la nouveauté. Adressez-vous à un autre public cible, travaillez avec d'autres matériaux. Il faut se distinguer des autres. Sortez quelque chose qui séduise les gens et les fasse venir chez vous et pas ailleurs.

De vos yeux de professionnel, que représente pour un jeune créateur le fait de remporter le Weekend Fashion Award ?

C'est d'abord et avant tout un soutien financier important. En outre, c'est une façon de se distinguer des autres. Chaque année, de nombreux étudiants en mode veulent réussir dans leur domaine. Être élu par un jury professionnel offre de la publicité gratuite. Le nom du gagnant du Weekend Fashion Award reste en tête de nombreux professionnels.

C'est également important pour se faire des relations. Cela ne vaut pas uniquement pour le gagnant, mais aussi pour les autres candidats. De nombreux professionnels qui assistent à l'évènement (commerçant, investisseurs, fabricants) savent que les gagnants ont souvent réussi dans le secteur. C'est donc une opportunité unique pour bavarder avec ces gens et éventuellement travailler ensemble.

Le Weekend Fashion Award est important pour les jeunes créateurs. Mais pensez-vous qu'ils soient suffisamment soutenus dans ce milieu? Auriez-vous des propositions pour mieux les soutenir, les accompagner?

C'est dur, c'est certain. Il existe des instances qui soutiennent et accompagnent les jeunes créateurs (FFI, MAD), mais elles ne peuvent aider qu'un nombre limité de designers. Leurs initiatives produisent des résultats positifs et il pourrait donc être intéressant de le faire à plus grande échelle. On pourrait créer une plateforme - soit en ligne, soit dans la vraie vie - afin que les gens puissent se retrouver. Ce lieu virtuel ou réel serait ouvert à tous.

Certains estiment que les formations doivent consacrer plus de temps au côté commercial, mais personnellement je suis sceptique quant à cette idée. La liberté de création joue un rôle très important. Et les études des jeunes créateurs sont si courtes qu'il faut créer un espace pour leur permettre de se développer en toute liberté sans penser à l'aspect commercial. Peut-être faudrait-il instaurer un cours spécial pour les jeunes diplômés ?

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