A l'endroit ou à l'envers, tout est une histoire de mailles

03/11/16 à 09:20 - Mise à jour à 02/11/16 à 17:01

Source: Weekend

En hiver, on se prend soudain à la préférer à toute autre matière, allez savoir pourquoi. Ce n'est pourtant pas qu'une question de saison. Désormais, la maille a la cote. Détricotage.

Elle laisse peu de monde indifférent, la maille. Il n'y a qu'à regarder l'hommage unanime quand, le 25 août dernier, Sonia Rykiel eut le mauvais goût de laisser la maladie gagner la partie. La reine rousse s'en est en effet allée, crinière au vent, laissant derrière elle des amoureux du genre reconnaissants pour l'éternité. Car sans cette pionnière, sûr qu'on n'en serait pas là, ni en matière de vestiaire, de sans ourlet, d'envers porté à l'endroit, de pulls seconde peau qu'on appelait alors "poor boy sweater" et que les femmes s'arrachèrent illico, on était au début des années 60, la liberté avait un nom, le sien. Et sa manière de déconstruire la mode à la légère, de bannir le vêtement carcan montra la voie aux Japonais et aux Belges. Donc aux générations futures et à ces jeunes gens qui ne s'intéressent désormais guère au chaîne et trame, cet entrecroisement qui donne le tissu, mais qui lui préfèrent le fil, les aiguilles, les rangs à l'endroit puis à l'envers et le résultat final, jauge 1, 5 ou jauge 22, que l'on porte avec une aisance rarement égalée. D'autant plus que Sonia Rykiel, qui à la mode préférait la démode, avait la politesse d'exiger de ses mannequins qu'elles sourient en défilant, avec cette insolente féminité qu'elle recommandait en tout, chaudement.
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