A la Berlinoise

10/06/10 à 09:51 - Mise à jour à 09:51

Source: Weekend

Il est des villes dont on m'a tant parlé que je crois les connaître avant même d'y avoir mis les pieds.

A la Berlinoise

© Géraldine Dormoy

Quand, enfin, je m'y rends, un temps d'adaptation est nécessaire pour ajuster le fantasme à la réalité. Pour peu que je n'y parle pas la langue et que je n'y reste pas suffisamment longtemps, ma vision reste floue. Ca me va aussi. Je rentre chez moi contente de cet entre-deux et pressée d'y retourner.

Le weekend dernier, Berlin m'a fait cet effet-là. Perdue dans Mitte, le quartier de l'ex-Berlin Est que tout le monde m'avait recommandé, j'ai eu l'impression de ne faire qu'effleurer cette ville immense, mais ce que j'en ai vu m'a séduite. Assise sur un banc en terrasse avec mes amies, j'ai regardé passer la foule. Elle m'a semblée plus libre qu'ailleurs, presque anarchique. Si j'avais dix ans de moins, c'est sûr, je partirais à Berlin vivre quelques années d'insouciance, loin des loyers trop chers et du rythme effréné de Londres ou de Paris.

Parties sans guide, nous nous sommes contentées de quelques adresses ou noms de rues attrapés sur internet avant le départ. L'ambiance bohème des cafés d'Oderberger Strasse m'a particulièrement plu.

Comme je m'y attendais, les Berlinois cultivent un style personnel, loin de l'onéreuse course aux marques. J'aimais bien la coiffure d'Alexzandra et l'allure rétro de Nina.

Il faisait tellement beau que je n'avais pas envie de m'enfermer dans un musée. Déserte et majestueuse, la Fondation Helmut Newton (Jebens Strasse 2) m'a suffi, même si j'étais un peu déçue de louper à quelques jours près l'ouverture d'une expo de ses portraits qui s'annonçait prometteuse.

En bonne touriste, j'ai longé le bout de mur resté debout. Derrière, côté Ouest, les gens bronzaient sur des chaises longues au bord de la Spree. On se serait cru à Paris Plage, l'espace en plus.

Avant de repartir, je me suis baladée sur la tranquille et néanmoins très fashion Mulackstrasse. Bizarrement, son calme m'a rappelé Aoyama. Un peu plus loin, je me suis acheté une currywurst, comme ma collègue Anne-Laure quelques semaines plus tôt. Loin des très raffinés Café Einstein (Kurfürstenstrasse 58) et Newton Bar (Charlottenstrasse 57) -mes deux coups de coeur du weekend- j'ai adoré l'ambiance anonyme et bon enfant qui régnait autour de l'échoppe, à deux pas du métro aérien. Je me suis alors dit que le lieu devait être encore plus agréable la nuit, comme tout à Berlin. Je reviendrai.

Par Géraldine Dormoy

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