A Paris, des défilés masculins sous le signe de l'anglomanie

27/06/16 à 13:32 - Mise à jour à 13:31

Source: Afp

Si le Royaume-Uni a décidé de tourner le dos à l'Union européenne, il reste une source d'inspiration inépuisable pour les créateurs de mode: les références anglaises ont été légion lors des défilés masculins qui se sont achevés dimanche à Paris.

A Paris, des défilés masculins sous le signe de l'anglomanie

Walter Van Beirendonck faisait défiler des hommes aux vêtements couverts de rubans multicolores rappelant les "Morris Men", danseurs traditionnels anglais. © AFP

Autres points forts de cette Fashion Week homme: la vogue des combinaisons, des djellabas, des chaussettes fièrement arborées, des sangles et des lanières.

Anglomania

Le monde de la mode n'a cessé de proclamer son attachement à la Grande-Bretagne: il y a trois semaines déjà, Dior et Gucci avaient organisé leurs défilés "croisière" respectifs au palais de Blenheim, près d'Oxford, et à l'abbaye de Westminster à Londres.

Dès le premier jour de la Fashion Week masculine parisienne, le Belge Walter Van Beirendonck s'est inspiré du roman "Alice au pays des merveilles", faisant défiler des hommes aux vêtements couverts de rubans multicolores rappelant les "Morris Men", danseurs traditionnels anglais.

Chez le Japonais Facetasm, les pulls de cricket étaient découpés et réassemblés les uns aux autres. Le show Louis Vuitton, du créateur britannique Kim Jones, s'est déroulé le jour du référendum sous les yeux de deux stars nationales, Kate Moss et David Beckham, et affichait son esprit londonien, avec beaucoup de motifs tartan et des creepers.

L'esthétique new wave et punk prédominait dans le défilé Dior du Belge Kris Van Assche : du noir, du rouge, des rangers, des agrafes...

C'est aussi en Angleterre que Dries Van Noten est allé puiser l'inspiration pour sa collection mêlant motifs de tapisserie et camouflage: le manoir de Kelmscott, résidence de William Morris, initiateur du mouvement "Arts and Crafts".

Si son défilé était dédié à Paris, Agnès b. a elle aussi proclamé son anglophilie. "On a été trop triste" du vote, a commenté dimanche la styliste, qui avait peu avant le référendum lancé un appel "Brexit, no!! Brexist" sur le site Change.org.

Le Brexit? "Je ne pense pas que c'était une bonne idée", a commenté pour sa part l'Allemand Karl Lagerfeld, qui a mis ce vote sur le compte des "gens des campagnes profondes".

Lui aussi "grand supporteur de l'Europe", le Britannique Paul Smith veut rester "extrêmement positif". "La vie continue", a lancé le créateur, qui a célébré dans sa collection le tartan version rasta: les influences jamaïcaines et les symboles Peace and Love se mêlent aux motifs écossais et aux pulls de cricket.

Combinaisons à foison

La combinaison de travail est rose chez Agnès b., elle est plus militaire chez Lemaire couleur tabac. Chez Andrea Crews, elle est orange flashy et se transforme en robe. Paul Smith l'agrémente d'un col multicolore ou la décline à carreaux. Elle est immaculée, à col mao, chez Issey Miyake.

Tuniques et djellabas

Lemaire propose plusieurs tuniques plus ou moins longues portées au-dessus de pantalons, comme des vêtements traditionnels islamiques.

Le duo tunique/pantalon était aussi de mise chez OAMC, chez Issey Miyake qui a pris ses influences du côté de l'Inde, et chez Agnès b., qui a collaboré avec la créatrice afghane Zolaykha Sherzad.

On remonte ses chaussettes

Clin d'oeil aux footballeurs de l'Euro-2016? Les chaussettes se portent bien remontées, à mi mollet. A bandes horizontales avec des baskets chez les Japonais Facetasm et White Mountaineering.

Chez Kenzo les femmes s'y mettent aussi, en arborant fièrement leurs chaussettes noires. Elles se portent avec des sandales, comme chez Pigalle et chez Paul Smith.

Des lanières, des sangles, des cordes

Chez Lanvin, des cordes s'attachent à la ceinture, des bandes et des sangles ponctuent les silhouettes romantiques imaginées par Lucas Ossendrijver. Le harnais est la star du défilé Dior, où un costume est aussi entièrement recouvert de lacets. Chez Walter Van Beirendonck, les lanières enserrent un costume, une combinaison, un blouson en cuir.

Autres tendances déjà observées lors des saisons précédentes, l'oversize, l'androgynie et les bombers continuent à faire recette.

La mode masculine passe le relais à partir du 3 juillet aux défilés de haute couture. Le show Dior devrait être le dernier réalisé par le duo de stylistes qui assurent la transition depuis le départ en octobre de Raf Simons, avant la nomination attendue -mais non confirmée officiellement- de Maria Grazia Chiuri, actuellement chez Valentino, comme directrice artistique.

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