Do you speak fashion ?

03/03/11 à 11:52 - Mise à jour à 11:52

Source: Weekend

Pour se faufiler dans le monde impitoyable de la mode sans y laisser trop de plumes, il faut en maîtriser le vocabulaire de base. Repeat after me.

Do you speak fashion ?

Par Baudouin Galler et Catherine Pleeck

Front row vs Standing Le front row, le premier rang, c'est le carré VIP des défilés, le sommet de la hiérarchie. On y trouve confortablement assis les stars, bien sûr, les blogueurs qui font du clic, les grands acheteurs et les grands journalistes, pardon, les grands titres. De l'autre côté de l'échelle, en standing, debout, et bien derrière donc, il y a les gueux - entendez rédacteurs néophytes, blogueurs suivistes, étudiants en couture. Eux attendent en général longtemps avant qu'on ne les laisse peut-être entrer. Ils supportent qu'on leur marche sur les pieds. Ils sont contents quand ils ont vu une écharpe et une demi-couleur de loin. Avec un peu de chance, ils publieront une photo floue du final sur leur page Facebook. B.G.

Feu de plancher

Cette expression en vogue à Paris se traduit en belge par le plus prosaïque " eau dans les caves ". Ce qui donne un petit côté malencontreusement péjoratif à cette tendance pantalonnière inventée pour les mecs par l'Américain Thom Browne il y a quelques saisons. Une manière de porter son froc à la malléole, devenue un marqueur esthétique incontournable de l'allure masculine des années 2010. B.G.

Baptiste

Le présumé giton de Karl Lagerfeld, muse qui chante et fait oui oui oui oui aux volontés du Kaizer incarne le côté fastueusement vain que Madame Michu reproche à la mode. En amateur éclairé des faiseurs d'élégance et du porter-beau, on se contentera de sourire de son succès. S'offusquer de la frivolité est vulgaire en milieu modeux. B.G.

MMM, JPG, KVA, DVN, ETC...

Quand on devient familier d'un univers, c'est très courant, les mots les plus usités se contractent, se raccourcissent - on a tous eu nos soirées pyja. Pour ne pas donner l'impression que vous découvrez le monde de la fashion, ne pas viser la complétude, ça fait novice. Pour Maison Martin Margiela parlez donc de MMM, pour Jean Paul Gaultier donnez du JPG, Kris Van Assche du KVA et Dries Van Noten du DVN (qui, dans le jargon des rédacteurs mode belge, se décline aussi Dries, genre c'est mon pote). Il pourrait aussi y avoir GA pour Giorgio Armani, mais on dit juste Armani, ou Monsieur Armani quand on travaille pour lui. B.G

Michel Gaubert

Le DJ qui signe la bande-son des meilleurs défilés. Ou la meilleure bande-son des défilés. C'est selon. Mais l'avoir, sur un show, c'est déjà gagner. B.G.

Low profile

Enterrez définitivement le bling-bling, " so 2000 ". Les années 2010 leur préfèrent le low profile ou luxe authentique, qui se traduit par des coupes basiques tellement intemporelles qu'elles pourraient être encore à la mode dans mille ans (pour autant que cette tendance reste en vogue). Mais attention, il est encore question de haut de gamme. Pour justifier un prix high profile, les griffes cachent dorénavant le luxe au creux d'un ourlet ou d'une matière que seuls les intimes et connaisseurs pourront connaître. C.PL.

Mini vs midi

La mini, c'est facile : elle a fait son apparition en 1965, sur un coup de crayon (et de ciseaux) de Mary Quant. La midi, c'est déjà moins précis dans les esprits : la longueur augmente, jusqu'en dessous du genou. Cherchez pas midi à quatorze heures non plus. Cet été, vous la verrez partout, dans une version floue et ample. C.PL

Contre-fashion

Un néologisme inventé par une journaliste française. À utiliser sans modération pour décrire et décrier tout comportement soi-disant fashion, mais qui n'est en fait qu'un style très mal imité, une traduction beaucoup trop littérale des tendances des podiums. Un tee-shirt de grande distribution qui frôle le plagiat d'une pièce de créateur ? Une silhouette de catwalk portée sans âme au premier degré ? Un sac griffé acheté dans les souks ? Tellement contre-fashion. C.PL.

ADN

Dans Le Petit Robert modeux, il s'agit de la valeur intrinsèque d'une marque, de l'ontologie d'une griffe, genre le trench chez Burberry ou le costard cintré noir, chemise blanche chez Dolce & Gabbana. La crise a fait exploser l'emploi de ce mot dérivé de la génétique dans les communiqués de presse et dans la bouche des créateurs : la stratégie des maisons est en effet de jouer la partition de la prudence en revenant aux racines qui fondent leurs contours esthétiques. En somme, de rassurer les fidèles clients effarouchés par la nouveauté, synonyme d'incertitude en temps de récession. B.G.

La couv'

Un raccourci de couverture, pour la Une, la première page d'un magazine lifestyle. " T'as vu qui fait la couv' ce mois-ci ? ", entend-on souvent. Une question régulièrement suivie d'un commentaire perfide, admiratif ou jaloux. Variante, tout aussi bien acceptée dans le milieu journalistique modeux : la cover. C.PL.

Plate-forme open toes

La chaussure mériterait un dico à elle toute seule. Voici le BA-ba : open toes, c'est quand le bout de l'escarpin est ouvert. Compensées, quand la cambrure est pleine (qu'il n'y a pas de vide dans la partie arquée de la chaussure). Plate-forme, quand il y a, sous la plante des pieds, une épaisseur qui augmente illico votre taille sans vous faire souffrir le martyre sur des talons de 13 centimètres (ça s'appelle tricher, c'est vrai). Zizi, le modèle de derbies souples (ah oui... des pompes plates à lacets) dessinées par Repetto et adoptées par Gainsbourg. Bref, dites tout sauf chaussure, un mot tellement vulgaire dans la sphère fashion. C.PL.

TBC

Leonardo DiCaprio à la soirée X ? George Clooney au défilé Y ? TBC, pour " to be confirmed". En clair : la star a été invitée, mais n'a pas encore certifié qu'elle serait présente. Officieusement, tout le monde sait que les chances d'apercevoir l'acteur ce soir-là sont proches de zéro. Mais la technique reste imparable pour booster une liste d'invités... C.PL.

Emmanuelle Alt

Le règne de Carine Roitfeld à la tête de Vogue Paris s'est terminé fin janvier dernier, après dix ans de bons et loyaux services. Sa remplaçante n'est autre qu'Emmanuelle Alt, jusqu'à présent rédactrice en chef mode pour le magazine et - c'est de notoriété publique - consultante pour de nombreuses griffes, comme Balmain ou Isabel Marant. Un nom à ne jamais plus oublier, pour tout qui s'intéresse un minimum à la mode. Ou plutôt un prénom : contentez-vous de dire " Emmanuelle ", tout le monde situera. C.PL.

Color block

L'expression va se retrouver dans de nombreux magazines cette saison. Elle fait référence à la grande tendance des collections printemps-été 2011 : une avalanche de couleurs vives et vitaminées. À porter par bloc : en total look, duo, trio, voire davantage. Au choix, du moment que le color block soit flashy ! C.PL.

RSVP

Sur chaque carton d'invitation pour les défilés, figure l'inébranlable RSVP. Sauf que dans la pratique, seuls les novices se donnent la peine de passer un coup de fil pour confirmer que oui, ils seront bien présents, perdus dans la masse des 1 000 autres invités. Bref, cette abréviation est l'anti-code par excellence. Autant on envoie un mail pour demander le sésame tant convoité, autant une fois reçu, on ne moufte plus. Le dernier chic est même de n'ouvrir son courrier qu'en dernière seconde, devant le service de sécurité qui contrôle l'entrée du show. C.PL.

Ma belle

Parmi les modeuses, rien de tel qu'un beau et tonitruant " ma belle " pour saluer ou interpeller une collègue journaliste. Et ce même si l'interlocutrice est moche... C.PL.

Effortless

Jane Birkin était déjà une adepte du " style sans effort ", avec ses pulls XXL. La tendance est devenue un véritable phénomène de mode, ces dernières saisons. Il suffit de regarder Kate Moss, Lou Doillon, Sofia Coppola ou Sienna Miller pour cerner de quoi il s'agit. Une dégaine naturelle et chic, sans jamais en faire trop. Un effet nonchalant et sans chichis, mais efficace. Un bête jeans troué et une veste Chanel. Ou un simple tee-shirt blanc, pour servir de base à votre tenue de sortie. Genre, vous avez pris les premiers trucs que vous trouviez dans votre dressing. Juste habillée avec trois fois rien. Genre, on a dit. Car dans la pratique, ce style demande évidemment bien plus d'efforts qu'il n'y paraît. C.PL.

J'adoooore !

Attention, cette expression est tellement usitée qu'elle en devient presque dépassée. Ne pas en abuser ou à n'utiliser qu'en cas de dernier recours, donc. C.PL

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