En images : Hyères, ode à la jeune création

12/05/17 à 15:11 - Mise à jour à 15:10

C'est un lieu rare, un espace-temps unique. Face aux îles d'Or, dans la villa Noailles et ses jardins suspendus, chaque année depuis plus de trente ans, à la fin du mois d'avril, la jeune création se rassemble, comme aimantée, pour vivre trois jours intenses. Retour sur l'événement qui met à l'honneur la jeune création.

Car le Festival international de mode et de photographie à Hyères ne lâche rien. Son fondateur opiniâtre, Jean-Pierre Blanc, l'a encore répété lors de l'ouverture officielle, disant son amour de la mode, son ouverture au monde et son refus de tout nationalisme frileux et forcément haineux, celui qui a le visage de Marine Le Pen.

Dans sa foulée énergique, on trouve des jeunes gens qui ont fait du vêtement, notamment, leur terrain de jeu et leur moyen d'expression le plus naturel. Ils sont dix à présenter leur collection, explications à l'appui et défilé en apothéose dans le Hangar de la Mouture au Salin des Pesquiers, où se presse le public fidèle, un mélange décontracté de Hyérois habitués, de journalistes, de professionnels, de membres du jury de ce concours international, de créateurs confirmés et de maisons concentrées sur ces jeunes pousses qui assureront la relève, de Chanel à Lesage, Première Vision, Chloé, Petit Bateau ou Swarovski. Soit le panel très réaliste d'un paysage contemporain, celui de l'industrie de la mode dans cette Europe occidentale qui semble toujours attirer les créateurs en devenir.

Ils viennent de Chine, des Pays-Bas, d'Allemagne, de Finlande, de Russie, de Nouvelle-Zélande, de République de Corée ou de France, ils ont les deux pieds ancrés sur cette planète, leurs vestiaires aussi, qui clament leur soif de paix, d'imaginaire renouvelé et d'inventivité.

Ainsi le Japonais Wataru Tominaga, lauréat de l'édition 2016 qui fit défiler ce qu'il a engrangé depuis l'an passé auprès des Métiers d'art de Chanel, entre autres, autant de savoir-faire amoureusement brodé sur sa créativité débridée.

Ainsi la Suissesse Vanessa Schindler et sa collection Femme Urethane Pool, chapitre 2, qui a voulu inventer le tissu de demain et remporte le Grand prix du jury Première Vision pour "son émotion poétique et raffinée" et "son utilisation très subtile d'une matière pourtant pauvre, associée à la fausse fourrure, au jersey".

Ainsi Gesine Försterling, qui repense le workwear et se voit couronnée par le prix Chloé.

Ainsi Maria Korkeila, qui pose des bustes de femmes sur ses vestes Homme, met les genres en abyme et s'offre une mention spéciale du jury mode.

Ainsi Marine Serre, remarquée par les Galeries Lafayette et l'excellent label chinois Exception de Mixmind, qui avec sa garde-robe féminine Radical Call for Love fait la démonstration parfaite que les mélanges d'époques et de cultures sont les plus beaux, les plus créatifs, les plus justes.

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