Fashion Week de Londres: la leçon italienne

18/09/17 à 07:25 - Mise à jour à 07:25

Source: Afp

Ange ou démon, il y avait le choix: la symphonie pastorale d'Emporio Armani ou le chic sexy-clubber de Versus Versace. Dimanche à Londres, les ténors de la mode italienne ont fait chanter la Fashion Week.

Fashion Week de Londres: la leçon italienne

© isopix

Cela faisait onze ans que Giorgio Armani n'avait pas défilé dans la capitale britannique -une éternité dans le monde de la mode-, et il flottait comme un parfum de première fois au Tobacco Dock, un ancien entrepôt à tabac où le styliste a présenté sa collection printemps-été 2018.

Pourquoi Londres plutôt que Milan, où la marque à ses habitudes ? Pour son côté "dynamique, énergique et cosmopolite", a expliqué le créateur de 83 ans.

Les mannequins défilent sur une reprise du tube de Cindy Lauper "Girls just want to have fun" qui donne le ton d'une collection respirant la liberté et la légèreté.

Coiffées de chapeaux ronds, les femmes Armani sont insouciantes et portent de petites robes droites à paillettes style années folles, avec chaussettes et talons hauts. Des coupe-vent évanescents, avec un sac en bandoulière, pour une balade sur la plage un jour de pluie.

- 'Le courage et le plaisir' -

Au travail, elles emportent leur bonne humeur et se glissent dans des ensembles bariolés ou rehaussés de rayures verticales multicolores.

Le soir, elles se drapent dans des manteaux à zip mi-longs parcourus de motifs marins aspect cartoon: poissons, vaguelettes, crabes, baleines et coquillages.

La palette est estivale, pastel: bleu, blanc et rose en abondance, et un soupçon de rouge.

Le pape de la mode italienne a profité de son passage à Londres pour rouvrir sa boutique, rénovée, de Mayfair, le quartier chic du centre de la capitale. Armani possède un réseau de 3.000 points de vente dans le monde, éclatés en différentes enseignes, qu'il souhaite rationaliser.

Aux antipodes d'Armani, Versus Versace a fait monter la température avec un défilé sexy et sans compromis.

Organisé dans la prestigieuse école de mode Central Saint Martins, le show a lieu devant un vertigineux mur d'enceintes crachant de l'électro, ambiance discothèque: le vestiaire sera résolument tourné vers le monde de la nuit et les clubbers qui n'ont pas froid aux yeux.

Ou, comme le résume Donatella Versace: Versus (la deuxième ligne de la marque italienne), c'est le "courage et le plaisir".

Robes courtes en mailles portées sur des bikinis et tops noirs, shorts taille basse à imprimés chaînes, chez Versus tout est mini, transparent, décolleté, provocant, affriolant...

Côté couleurs, la marque reste fidèle à son noir chéri, qu'elle agrémente d'accessoires citron vert -boucles d'oreille, sacs à main, ceintures-, de surcoutures géométriques ou d'imprimés de voitures façon berlines américaines du siècle dernier.

Sur une note un peu plus sage, Versus propose une gamme de pantalons, vestes, blousons, robes, fluides et confortables en tartan gris rehaussé de couleurs vives.

- Du 'sang sur les mains' -

Mardi, c'est un autre grand de la mode, l'Américain Tommy Hilfiger, qui débarquera en terre britannique.

Armani, Hilfiger: de quoi doper le rayonnement de la scène londonienne, certes vantée pour la vitalité et l'audace de ses jeunes créateurs, mais dont les précédentes Fashion Week manquaient parfois de grands noms, Burberry mis à part.

Leur présence est "une preuve que notre ville est un carrefour international", s'est félicitée Caroline Rush, directrice du British Fashion Council (BFC), l'organisateur des défilés.

Bref, de bon augure dans le contexte du Brexit, qui fait craindre une fuite des talents et des capitaux, et expose plus globalement l'économie britannique à des risques considérables.

Petit accroc dans un programme bien ficelé de 80 défilés, la Fashion Week est le théâtre depuis vendredi de manifestations de militants pour les droits des animaux.

Dimanche, plusieurs dizaines d'entre eux se sont bruyamment rassemblés avant la présentation Versus en scandant "Vous avez du sang sur les mains" et en réclamant l'exclusion des marques employant de la fourrure.

Interrogé à ce sujet, le BFC a souligné ne pas avoir vocation à "dicter ce que (font) les créateurs", tout en encourageant ceux ayant recours à la fourrure à le faire de manière "éthique".

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