Fashion Week : Milan, le 15 janvier 2011

16/01/11 à 17:08 - Mise à jour à 17:08

Source: Weekend

Première journée de présentation des collections de prêt-à-porter masculines pour l'automne-hiver 2011-2012 à Milan.

Fashion Week : Milan, le 15 janvier 2011

Question : que retenir d'essentiel et de superflu de ce 15 janvier, 24ème anniversaire de la catcheuse Barbie Blank et fête des tous les Rémi (avec ou sans famille) ?

- Que Sergio Corneliani, directeur artistique de la marque éponyme, assume son dilettantisme. Monsieur aime tout à la fois : 1) Le Corbusier, auquel il rend hommage en décorant le nez de quelques mannequins de lunettes rondes et leur cou d'un noeud pap', 2) Les hommes des bois et les trappeurs couleur humus et beau sapin roi des forêts 3) Les skieurs, les cagoules fourrées et les gros pulls qui appellent le Fendant et la raclette premium - mais rappellent un peu trop les collections Dolce &Gabbana circa 2008-20094) Le Hollywood rêvé des années 40 : le show avait lieu au cinéma Manzoni, une somptueuse salle d'avant-guerre, appelée, c'est aberrant, à la démolition.

- Que chez Ermenegildo Zegna, on aime la Chine. Forcément : il s'agit d'un marché à la croissance stratosphérique pour le tisseur de Biella. Du coup : B.O. d'In the mood for love de Wong Kar Wai en fond sonore, références aux uniformes de la Révolution, imprimés or et bordeaux très musée Guimet sur costumes du soir.

- Que Zuckerberg a bel et bien enterré Gutenberg. Pour graver leur nom dans la pierre du progrès technologique, les maisons de luxe y vont chacune de leurtrouvaillegeek. Ermenegildo Zegna s'enorgueillit ainsi de proposer le premier défilé live-D. Késako ? Même principe que la météo de Tanya Young mais avec effet 3-D (ça donne des idées, hein). Donc : les mannequins sont filmés, simultanément leur image s'intègre dans des paysages carte postale de Chine diffusés sur grand écran. Chez Corneliani, on trouve un code dans le revers des vestes qu'il suffit de scanner avec son smartphone pour accéder à une vidéo sur l'histoire de la griffe de Mantoue. Chez Burberry, pionnière en terme de cyber innovations, on continue de développer le concept "du podium à la réalité" : retransmission du défilé en direct sur le Web, collection en vente sur le site de la marque fissa après le show (un site où il est possible de chatter avec un conseiller pour s'assurer un look parfaitement adapté à ses désirs).

- Que cette volonté d'être dans le vent ne signifie pas que la nostalgie est un sentiment honteux. Après s'être offert les services d'Annie Lennox en piano live la saison dernière, les Dolce &Gabbana avaient invité Brian Ferry à s'asseoir en front row. Le vestiaire des deux italienslui rend hommage à travers quelques costards de crooner et un t-shirt affichant le minois racé du chanteur de Roxy Music. Par ailleurs, le duo sicilien se remémore le Londres des mods et du ska à la faveur de quelques silhouettes à bretelles et petit chapeaux à la Madness.

- Que chez Fay, on se souvient d'un temps où la voiture n'était pas synonyme de rejet de CO2 dans l'atmosphère mais de style. Toute la collection, présentée sur fond d'extraits de films très motorisés (Bullit avec Steve iconique McQueen, des James Aston Martin Bond,...) tourne autour de la veste de conduite.

- Que chez Jil Sander, on poursuit sur la lancée très chromatique de la saison dernière. Au minimalisme des coupes, ADN de la marque dessinée par Raf Simons, répond une ci et là palette fruitière, de la pêche au citron en passant par la framboise écrasée.

- Que chez Burberry Prorsum, Christopher Bailey propose une nouvelle variation sur la veste. Cabans, sahariennes, blousons, duffle-coats, manteaux d'officier, doudounes... Tout est hybridé, revu et corrigé. D'abord dans une gamme chromatique très estivale suivie depièces de fourrures et de peau d'un luxe inouï. Et enfin la cape de pluie en plastique nécessaire en son british pays et ... sur les podiums : il pleuvait des cordes sur le catwalk en final du show.

- Que Roberto Cavalli, en bon rital atlantiste et ami des équidés, nous projette dans un saloon d'Amérique profonde. Du tailoring pour cowboy de la finance enfilant son Stetson comme on emballe une squaw sur un blues-rock énervé à la White Stripe: avec aplomb et sans faille.

Baudouin Galler

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