Fashion Week: Paris, mon 20 janvier 2011

21/01/11 à 10:09 - Mise à jour à 10:09

Source: Weekend

10h09, Hotel Jacques de Molay, rue des archives : tout juste sorti du Thalys, je dépose mon sac à l'hôtel, déchire les enveloppes contenant mes invitations - hop hop hop - et croise au lobby... Gaspard Yurkievich qui vient faire sa gym ici.

Fashion Week: Paris, mon 20 janvier 2011

© Etienne Tordoir

10h09 : Hotel Jacques de Molay, rue des archives : tout juste sorti du Thalys, je dépose mon sac à l'hôtel, déchire les enveloppes contenant mes invitations - hop hop hop - et croise au lobby... Gaspard Yurkievich qui vient faire sa gym ici. Le styliste parisien ne défile pas cette saison, "mais j'ai des nouveaux projets, j'ai trouvé des actionnaires, c'est tout frais", nous glisse-t-il. A découvrir au mois de mars durant la fashionweek femme.

11h05 : Alexis Mabille, Passage Jouffroy. Sur les Grands Boulevards, une salle style éclectique à fresques pastel orientalisantes. Le petit prince à noeud pap' de la mode parisienne quitte les rives de la Seine pour celles de la Tamise. Un gang d'aristo-punks à frocs "outrageusement lacés" (sic.) défile sur la bande-son de Trainspotting de Dany Boyle.

11h52 : Issey Miyake, Place des Vosges. En bande-son : du texte. Un apprenti écrivain anglais, in love with Paris, nous raconte sa vie de plumitif et d'amoureux transi. Les mannequins portent un faux stylo dans la poche de leur veston, des casquettes à la Jules et Jim, des grosses mailles, des vestes à col châle, des pantalons froissés. L'atmosphère est nostalgique, d'une poésie flegmatique très Nouvelle Vague. Charmant. Comme le chuintement d'un vinyle.

12h35 : Présentation Paul & Joe, rue Commines. Sophie Albou revisite la figure éculée du dandy. Plus dynamique que contemplatif : à Oscar Wilde et Baudelaire, elle préfère Jules Vernes, Arsène Lupin, les Brigade du tigres. Exquis le jour, arsouille la nuit, cet homme-là hybride style casual et chic old school avec panache. Une collection très portable, anti-modasse et pas soporifique pour un sou.

14h52 : Défilé Louis Vuitton, boulevard Vincent Auriol. Les Halles Freyssinet sont plongées dans la pénombre, à peine éclairées par une lumière rouge cendre type Motel louche. On est chez David Lynch. Pour le reste, variétés américaines des fifties en bande-son et un vestiaire globalement sombre (sauf quelques saillies rouge-orange) empruntant aux coupes et détails de la garde-robe amish (petits gilets, chemises sans col,...) et à celui de papy (pantalons en velours à grosses côtes, longs cardigans à col châle).

15h41 : rue Saint Martin, un bar sans âme dans les alentours du prochain show. Café allongé et mise au clair de mes notes. Un grand garçon clouté de partout commande un Orangina. C'est mignon la mode.

16h49 : Jean Paul Gaultier, rue Saint Martin. Quatre vilains ninjas déboulent, tout en cumulets et pirouettes. Ils sont poursuivis par James Bond, smoking ajusté, raie gominée sur le côté, le bras relevé sur le torse, silencieux à la main. Ramassé de virilité. Puis le disque se raye. L'icône s'encanaille. Voici James Blonde, espion androgyne en micro short, flingue accroché au porte-jarretelle, gilet par balle d'esprit SM. L'agent de Sa Majesté, a ici le pas chaloupé, coquet coquin. Mais bon motard avec ça, et quand il enfile sa combi de néoprène, plongeur hors pair. En eaux troubles, forcément.

18h17 : Smalto, Hôtel Westin. Une bande de jeunes gens lisses comme un bar lounge, coiffés en dragueur de piscines circa 87 marchent. Ils cherchent un supplément d'âme à leur garde-robe trop parfaite.

19h22 : Dries Van Noten, Musée Bourdelle. Quand les pantalons sont slim, voire très slim, type équestre, les manteaux sont oversize. Quand les vestons sont serrés au corps, les pantalons se font fluides, prennent le vent. Dries Van Noten signe une superbe variation sur le long et le large avec Bowie époque berlinoise en toile de fond.

21h05 : Adam Kimmel, rue Vieille-du-Temple. On fait la file à la galerie Yvon Lambert. Le New Yorkais chéri des branchés corrompt la forêt. Derrière une vitrine type Musée des Sciences naturelles, se débattent force ersatz de Bruce Springsteen et cousins de Vincent Gallo, bûcherons citadins parachutés dans le wild wild north de Sean Penn, motards égarés, hallucinés à l'humus. Dans le vestiaire : cabans waterproof, Barbours, bombers de bikers,...

Baudouin Galler

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