Fashion Week: Paris, mon 22 janvier 2011

24/01/11 à 09:55 - Mise à jour à 09:55

Source: Weekend

9h41, Maison Martin Margiela, Passage du Désir, rue du Faubourg Saint Martin. Habituée des présentations doucement étranges, MMM ne déroge pas à sa réputation.

Fashion Week: Paris, mon 22 janvier 2011

© Etienne Tordoir/Catwalk Pictures

9h41,Maison Martin Margiela, Passage du Désir, rue du Faubourg Saint Martin. Habituée des présentations doucement étranges, MMM ne déroge pas à sa réputation. Un rideau s'ouvre, on est comme en backstage. Il y a les tringles, les mannequins que les stylistes peaufinent avant de les lancer sur le podium - pour le coup imaginaire. La musique vient de loin, comme si le défilé avait réellement lieu dans une salle adjacente. Rayon fringues, classiques très masculins mâtinés d'influences militaires et workwear, mix d'esprits - tailleur et casual - et de matières. Faussement simple et vraiment efficace.

11h16, Kenzo, Jardin des Plantes, galerie de minéralogie, rue Geoffroy Saint-Hilaire. Antonio Marras a succombé aux campagnes de pubs pour l'Eurostar. Son homme emprunte autant à Scotland Yard qu'à Eton, à la City qu'aux coupe-gorges de Manchester. L'héritage british du vestiaire masculin est copieusement twisté, les kilts sont sanglés aux pantalons, le cuir bad boy marié au tweed gentleman-farmer,...

13h18, Ann Demeulemeester, Couvent des cordeliers, rue de l'école de médecine. La Belge persévère dans son approche déconstructiviste du vêtement. Mais si le noir domine encore son univers, des éclairs de couleurs (rouge, orange - couleur définitivement tendance cette saison) viennent adoucir le propos. Toujours aussi délicat, du reste : les mannequins portent un voile de tulle par-dessus leur pantalon, sont coiffés de perruques de tribus amazoniennes type Raouni; jeunes chamanes en marge d'un monde des cowboys indélicats.

15h22, Dior Homme, Tennis Club de Paris, rue Georges Lafont. Des lustres en cristal, du parquet, un feu ouvert. Point. Impression de vide des appartements chics hauts de plafond. Dans cette reconstitution d'un luxueux salon parisien, sujet aux courants d'air et aux fantômes d'un faste passé, apparaissent des hommes en capes poncho, chapeau sud-américain sur la tête - on connait le faible de KVA pour la région. Ces fiers immigrants andins sont projetés en Occident, pervertis par les codes couleur de la ville. Le marron, le gris, le noir, dominent. Un éclair de rouge sang clôture la danse - un tango à Paris ?

19h17, Damir Doma, espace des blancs manteaux, rue des hospitalières St gervais. Le styliste germano-croate. Des adolescents gothiques, le cheveu long et lisse, de ceux qu'on imaginerait commettre un carnage dans un lycée américain. Prêtres d'un style en noir et blanc pour une religion du vêtement un peu obscurantiste.

20h24, Hermès, cité de l'architecture et du patrimoine, place du Trocadéro. Véronique Nichanian dessine un vestiaire à faire tourner la tête des couguars. De mémoire, on n'avait jamais vu une collection Hermès aussi sexy. Combis en cuir, pantalons de bikers voisinent avec des couleurs hyper désirables, du turquoise au safran, en passant par le Bourgogne. C'est beau, c'est précis, c'est masculin. A boire sans soif.

21h32, Raf Simons, Maison rouge, boulevard de la Bastille. La rumeur qui a couru toute la journée se confirme. Le créateur belge s'est fritté avec son producteur italien. La collection présentée ce soir ne verra donc peut-être pas le jour. Ce serait dommage : l'interprétation que fait Simons du workwear (beaucoup de poche tablier), mixée d'influences hip-hop et tailleur, place sa collection parmi les meilleurs de la saison avec celles deDries Van Noten, de BottegaVeneta, d' UmitBenan, d'Hermès et d'IsseyMiyake.

23h45 : Dior after show party, le Gibus, rue Faubourg du temple. Pedro Winter est derrière les platines, le champagne coule à gros glouglou. Lanvin est à 11 heures dimanche matin. Yalla.

Baudouin Galler

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