28/02/13 à 09:32 - Mise à jour à 09:32

Dries Van Noten, le paradis

Sous les lustres en cristal du l'Hôtel de ville de Paris, Dries Van Noten marie les extrêmes pour son automne-hiver 2013-2014. Un exercice de style plus que parfait.

Dries Van Noten, le paradis

© Reuters

Il n'y a que lui pour oser faire défiler ses mannequins sur Fred Astaire qui chante Heaven, "I'm in heaven... dancing cheek to cheek" et nous voilà transportée dans un monde meilleur, un ailleurs d'élégance où les mariages mixtes vont à ravir aux femmes du XXIème siècle.

Dries Van Noten est un magicien. Il a laissé le grunge sophistiqué à l'été qui n'a pas encore commencé, s'est concentré sur le tailoring, l'ultra-féminin couture superposé à la quintessence du masculin, avec touche brillantissime, strass à gogo, comme les aiment les patineuses (dixit le créateur belge quand il s'agit de parler de ses inspirations).

S'avance donc une jeune femme en manteau bleu marine, brodé d'extravagance et ceinturée finement de strass. Puis vient une robe charleston portées en superposition sur pantalon cigarette et sous veste preppy, de la maille à rayures sportives, des tissus brocards, un bomber retravaillé patinage artistique, des plumes d'autruches en veux-tu en voilà, des broches, des bijoux d'oreilles, des chaussures plates, de grosses chaussettes dans de sandales raffinées, des longues jupes à plis, aériennes, des bords coupés francs, des imprimés fleurs mais délavées , des vestes oversize, un marcel tricoté, un chemisier blanc volontairement chiffonné sur longue jupe fendue et emplumée. C'est fort.

On sait les cycles récurrents de la mode qui empruntent au vestiaire masculin depuis, oh depuis si longtemps déjà - Coco Chanel et Yves Saint Laurent sont passés par là. Mais Dries Van Noten réussit un tour de force. Il embrasse les extrêmes, superpose le féminin superlatif au mâle solide et signe là un show - dieu que le terme dans ce contexte paraît soudain vulgaire - qui mène à l'extase, en toute quiétude.

Anne-Françoise Moyson

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