Les perles de Chanel

05/10/11 à 00:16 - Mise à jour à 00:16

Source: Weekend

La lumière succède toujours à la noirceur, le renouveau à la désolation, la légèreté à la tentation de rébellion. Chez Chanel, il y avait eu l'hiver post accident nucléaire, il y aura le printemps iridiscent.

Les perles de Chanel

© catwalk pictures

Cela donne un Grand Palais transformé en fonds marins, sous sa verrière toujours aussi hallucinante et majestueuse. Sur un sol virginal mais pailleté, tout un océan blanc, ici un poisson, là un petit caillou, plus loin, un coquillage tourelle, une algue, des coraux, une petite pieuvre et même des bulles transparentes prêtes à éclater.

On croirait entendre le chant d'une sirène mais c'est une harpe qui glougloute puis Michel Gaubert, sound designer, lance sa bande-son calibrée pour le défilé, une Chevauchée des Walkyries, signée Wagner mais réinterprétée à l'harmonica, ce qui lui donne un autre air que chez Francis Ford Coppola et son Apocalypse now. Car cette fois-ci, point de fin du monde, mais une maison coquillage qui laisse s'échapper des jeunes femmes légères, dans leur tailleur immaculés, perlées délicatement jusque dans le cou, c'est ravissant, en chignon waxé et low boots argentés ou blanc zébré de noir.

Entre les deux, Karl Lagerfeld étant ce qu'il est et Chanel de même, il y aura aussi des robes froufroutantes à manches et hanches enluminées de dentelles d'algues, de la maille architecturée, un perfecto devenu boléro dans le dos, des broderies de fou comme des métaphores, des tissus qui jouent les filles de l'air et seulement trois robes longues car " cela suffit. Pour les red carpet, je vous donnerai des adresses ", balancera Karl Lagerfeld à la fin du défilé. Dans la foulée, de bonne grâce, il confiera que désormais il esquisse ses idées sur i-pad, " je me suis beaucoup perfectionné mais il faut savoir dessiner parce qu'il n'y a pas de Photoshop. C'est bien. C'est amusant. J'adore dessiner, je dessine comme je parle. Peut-être encore plus. " La clé du mystère, vingt mille lieues sous les mers.

Anne-Françoise Moyson

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