Paris Fashion week: cyber attitude et tableaux vivants

04/10/16 à 23:16 - Mise à jour à 05/10/16 à 10:47

Entre le big data de Chanel et les humains-statues de Kenzo, le printemps été 2017 continue de faire son show à Paris.

Chanel, et par là même Karl Lagerfeld, nous ont habitués : ils mettent le doigt là où cela fait mal, mais avec cette légèreté propre à la mode - on se souvient du supermarché, de la galerie d'art, du salon tous VIP qui servirent de décor pour leurs défilés gargantuesques. La maison a à nouveau pris possession du Grand Palais plongé dans une mutation futuriste mais pas tant que cela finalement. Car le Data Center Chanel rappelle à ceux qui en doutaient encore que nous sommes tous fichés. Décor glacial de Big Brother is watching you, deux vrais-faux robots en tailleurs peuvent ouvrir le bal, l'un noir, l'autre blanc, tout et son contraire donc, qui précèdent une succession de silhouettes où tout est permis. Du tweed maison, de la lingerie rose chair, des casquettes tomboy, un sac rose fluo ou petit robot, des ballerines à bout noir, des prints bioniques qui semblent vous projeter dans la troisième dimension, des camélias ici et là, de la dentelle et des chaînes qui font bling. Cela sonne comme un écho à ce flot d'images, toutes traçables, que l'ère actuelle nous impose - la preuve que monsieur Lagerfeld et ses équipes peuvent faire encore plus fort.

Chez Kenzo, pas de cyber attitude mais une installation dans les galeries du Musée des monuments français avec tableaux vivants de femmes et d'hommes proches de la statuaire, au final tout aussi inquiétants que le big data qui nous scanne des pieds à la tête, même en Chanel. Dans cet espace grandiose, presque grandiloquent, Carol Lim et Humberto Leon, directeurs artistiques de la maison depuis 2011, font défiler un vestiaire ultra portable, quotidien même s'il se pare de strass ou de sequins XXL. Ils sont aussi les fondateurs du concept store new-yorkais Opening Ceremony, on peut y voir un lien. Mis à part les sandales à talons tirebouchons vraiment casse gueule, tout se tient dans cette garde-robe contemporaine qui n'a rien de muséale.

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