Paris: Hermès enflamme le catwalk

21/01/18 à 19:24 - Mise à jour à 21:30

C'est à la lueur des flambeaux que Véronique Nichanian a présenté une collection à l'épreuve du temps qui témoigne une fois de plus de sa maîtrise absolue des matières nobles qui font depuis toujours la réputation d'exception de la maison.

Ce n'est pas pour rien que les anglophones les appellent "fashion shows", les défilés d'aujourd'hui ne se limitent plus au simple passage des modèles devant de potentielles client(e)s, le lieu, le choix de la musique aussi, participent à l'histoire que souhaite raconter le créateur. Là comme partout, l'excès nuit en tout, et il n'est pas toujours besoin de people par poignées - qui surprend-on encore aujourd'hui en invitant Bella Hadid? - ni de décor aussi artificiel qu'onéreux pour vous donner la chair de poule. La maison Hermès est de celles qui maîtrisent l'art de la juste mesure tout en sachant recevoir ses hôtes comme personne. Au beau milieu d'un cloître du 17ème siècle, huit torches avaient été installées pour délimiter l'ouverture du podium. C'était sans compter sur le vent qui non content d'aider à répandre l'odeur rassurante de feu de bois parmi les invités installés tout autour des allées à l'abri de lourdes couvertures de laine déposées sur les bancs à leur intention a presque failli gâcher la fête. Il a fallu qu'il retombe un peu pour que l'on ose lancer à l'assaut des flammes orangées les modèles, un spectacle étonnant, une performance presque, après tout le thème de la collection n'était-il pas le "grand air"? Pour mieux l'affronter ils pouvaient compter sur une avalanche de manteaux, des parkas, des trenchs, toute sorte de blousons, plus que les formes ce sont surtout les matières qui font ici toute la différence, des cuirs bien sûr mais aussi du mohair peigné, du feutre de laine technique, du cachemire que l'on retrouve même associé à de la flanelle dans ces pantalons larges cassants sur le cheville qui surprennent presque ici. Un motif récurrent, baptisé Endless Road montrant une montagne graphique, habitait les pulls ras de cou mais également un blouson et un sweat col zippé en agneau brodé. D'autres plus géométriques encore assumaient un petit côté seventies qui loin d'être daté les plaçait plutôt au coeur même de l'éternel balancier de la mode qui aime raviver des tendances passées. Comme pour mieux signifier l'intemporalité de vêtements que l'on se plaira à voir durer.

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