Paris jour 4 : poésie chez Issez Miyake et féminisme revendiqué chez Dior

01/10/16 à 08:55 - Mise à jour à 09:03

A Paris, capitale de la mode, il y a de la poésie dans l'air avec Issey Miyake et du féminisme revendiqué avec Maria Grazia Chiuri chez Dior. Encore.

Certains jours de fashion week sont plus poétiques que d'autres. Surtout quand ils débutent avec l'univers d'Issey Miyake partagé avec une telle générosité par son équipe et son capitaine Yoshiyuki Miyamae. Où que le regard se pose, un émerveillement serein vous étreint - le décor blanc qui ouvre l'espace dans ce Palais des Sports de Bercy et les musiciens de l'Open Reel Ensemble qui se découpent en toile de fond comme des ombres chinoises et qui jouent de leur tige de bambou pour générer des sons harmonieux de magnétophones à bandes. Quand les mannequins s'avancent dans cet espace-temps différent, baptisé Microcosm, la beauté est au rendez-vous. Avec des inventions fulgurantes qui magnifient les savoir-faire, la couture, les silhouettes. Elles ont pour nom Cut & Stick, 3D Steam stretch, Baked Stretch, Electronic bag et sandales Ten Sen Men et jamais elles ne prennent le pas sur le vêtement ou l'accessoire, au contraire, elles lui offrent une nouvelle vie, à la richesse infinie.

Certains jours de fashion week sont plus féministes que d'autres. Surtout si le discours de la nouvelle directrice artistique des collections de haute couture, de prêt-à-porter et d'accessoires féminins de la maison Dior s'engage haut et clair dans cette voie-là, et ce n'est pas une question de mode, ni de posture et encore moins de marketing. Car Maria Grazia Chiuri en poste depuis juillet 2016 est une féministe patentée - tant mieux. Elle le clame d'emblée sur des tee-shirts blancs qu'elle marie à des jupes à volants en chiffons, We should all be feminists, le texte cri du coeur de l'écrivaine nigériane Chimamanda Ngozi Adichie. Elle le montre avec élégance en réinterprétant l'uniforme des escrimeuses qui est pour elle " identique à celui des escrimeurs. Le corps féminin s'adapte à cette tenue, qui, à son tour, semble façonnée selon ses formes. " Elle n'a qu'une volonté : " s'efforcer d'être attentive au monde et de créer une mode qui ressemble aux femmes d'aujourd'hui, une mode qui les accompagne dans leurs transformations, pour échapper aux catégories stéréotypées " masculin/féminin ", " jeune/moins jeune ", " raison/sentiment " qui présentent par ailleurs des aspects complémentaires. " La créatrice, venue de chez Valentino où elle exerçait en duo, est la première femme à occuper le trône de monsieur Christian Dior depuis les débuts de la maison après la seconde guerre mondiale, c'est dire si son arrivée est à marquer d'une pierre blanche. Une Dio(r)évolution.

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