Une nouvelle ère s'ouvre chez Gucci

19/01/15 à 23:57 - Mise à jour à 20/01/15 à 11:19

Suite au départ précipité de Frida Giannini, le studio de design de la maison s'est coupé en quatre pour sortir en moins de sept jours une toute nouvelle collection. L'un des temps forts incontestables de la Fashion Week de Milan.

La mode n'est pas un monde de Bisounours. La fin de parcours de Frida Giannini et de son compagnon, l'ex-PDG de la griffe Patrizio di Marco, a tous les airs d'une sortie de route malgré les remerciements officiels du nouveau patron de la boîte Marco Bizzarri. Il y a un an pourtant, presque jour pour jour, le "power couple" comme le qualifiait alors le Wall Street Journal, exposait dans le quotidien américain ses plans pour le futur de la marque italienne. Ils seront finalement partis par la toute petite porte, avec plus d'un mois d'avance sur le planning annoncé, sans laisser à Frida pourtant à l'oeuvre depuis près d'une décennie, l'occasion de faire des adieux officiels ni même de présenter ses dernières créations.

C'est peu de dire que le défilé de lundi était attendu avec impatience alors qu'il semblait clair que le studio de design avait eu à peine sept jours pour boucler une collection complète. Alors que les supputations vont bon train quant au nom du successeur potentiel de Frida Giannini, le choix de la bande-son - des extraits de la musique du film A Single Man de Tom Ford... l'ancien directeur artistique mythique de Gucci - a bien sûr donné de l'eau au moulin de ceux et celles qui le disent sur le point de faire son come-back. La présence à l'avant de l'équipe venue saluer sous les acclamations du public d'Alessandro Michele, lui aussi donné candidat à la succession de son ancienne patronne, plaidait plutôt vers une promotion de ce collaborateur de la longue date de l'un des fleurons du groupe Kering.

La collection elle-même semblait étrangement faire écho à celle de Prada en s'interrogeant elle-aussi sur le rôle du vêtement dans la représentation des deux sexes mais de manière beaucoup plus ambigüe. Le choix du casting déjà - des garçons androgynes, certains aux cheveux encore plus longs que les quatre modèles filles -, le stylisme aussi - des blouses en soie ou en dentelle tellement transparentes qu'elles laissaient parfois deviner les tatouages, des lavallières nouées au ras du cou, des sacs à mains de "dames" portés à l'épaule par les hommes alors que les femmes défilaient dans des looks masculins - marquaient à coup sûr le début d'une nouvelle ère. Il y a peu de chance que cette collection soit un succès commercial. Mais elle fait en tout cas déjà beaucoup parler d'elle.

Isabelle Willot

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