Haute couture: Jean Paul Gaultier, Valentino et Maison Martin Margiela

07/07/16 à 10:46 - Mise à jour à 10:48

Source: Afp

Période Tudor pour Valentino, Révolution française pour Margiela, les défilés étaient teintés de références historiques mercredi au dernier jour de la Semaine de la haute couture, également marqué par un hymne à la nature de Jean Paul Gaultier.

Les belles des bois de Gaultier

chez JPG

chez JPG © imaxtree

Des mannequins aux cheveux acajou, un podium en bois, des couleurs mordorées: Jean Paul Gaultier a délaissé la vie urbaine et ses turbulences pour une collection automnale aux airs de balade dans une forêt enchantée, présentée devant un public comptant de nombreuses fidèles, dont les actrices Arielle Dombasle, Josiane Balasko et sa fille Marilou Berry.

Les robes reproduisent les veines du bois, qui sont imprimées sur du satin ou du cuir, ou représentées par des drapés qui se nouent. La palette fait écho aux couleurs changeantes de la forêt à l'automne: bruns, rouille, vert sapin, kaki...

Jean Paul Gaultier, dont la dernière collection célébrait les nuits parisiennes dans le célèbre club Le Palace, s'est cette fois inspiré d'un voyage au Japon. "J'ai vu des jardins magnifiques, des matériaux traités d'une façon très pure, ça m'a donné cette envie de verdure, de zen, de yoga presque, de respiration", a expliqué le couturier en coulisses.

Cette saison, la femme imaginée par Jean Paul Gaultier "cherche un peu la méditation parce qu'elle en a marre de toutes ces histoires politiques, elle s'évade un peu, est plus en contact avec la nature". "Tout en étant élégante et chic et couture!", précise-t-il.

La forêt devient un univers féérique: une spectaculaire robe aux reflets verts et rouges, avec un boléro de plumes, évoque les sous-bois et leur lumière, avec des effets de transparences. Pour un look nature-chic, les dreadlocks, en chignon, sont de mise.

Les fraises de Valentino

Haute couture: Jean Paul Gaultier, Valentino et Maison Martin Margiela

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Les directeurs artistiques de Valentino, Maria Grazia Chiuri et Pierpaolo Piccioli, pour qui la Renaissance est une grande source d'inspiration, ont présenté une collection marquée par une influence élisabéthaine. Les robes longues s'accompagnent de cols en fraise. Certaines silhouettes évoquent des cottes de maille dorées.

L'élégance est solennelle. Les robes sont parfois légères et transparentes, brodées de fines fleurs. Plus épaisse, une robe en taffetas est ornée d'animaux peints à la main, une jupe est entièrement couverte de plumes noires. Le rouge, emblématique de la maison, se retrouve allié du noir et blanc sur une robe épurée près du corps, ou colore entièrement une robe de taffetas assortie d'une cape aussi spectaculaire que volumineuse.

Le défilé s'est terminé par une standing ovation au passage des deux créateurs, alors que Maria Grazia Chiuri devrait, selon une source proche du dossier, quitter la direction artistique de Valentino pour rejoindre Dior.

Margiela chausse les cuissardes

Maison Martin Margiela

Maison Martin Margiela © imaxtree

Chez Margiela, la collection, dont les références au 18e siècle et à la Révolution côtoient l'univers de la pêche et des oiseaux, exprime tout le foisonnement créatif de John Galliano.

Costumes historiques et garde-robe fonctionnelle se mêlent dans une fantaisie poétique, un bustier en toile de Jouy se greffe sur une robe argentée aux airs de combinaison spatiale, avec des bigoudis en aluminium pour ajouter une touche de quotidien, décalée.

Quelques semaines après les spectaculaires inondations qui ont touché Paris, les cuissardes sont de sortie sur le défilé Margiela. En caoutchouc, avec un long manteau et un tricorne, pour une allure militaire.

Les Tabi boots, ces bottines d'inspiration japonaise emblématiques de la maison, où le gros orteil est séparé des autres, deviennent elles aussi des cuissardes. Un manteau jaune comme un ciré breton se porte avec des bottines en caoutchouc et une grande robe en coton à fines rayures et broderies.

Egalement chaussée de bottes, dans une robe à la taille Empire, les épaules dénudées, apparaît une Marianne dont le bonnet phrygien aurait été remplacé par une perruque de l'ancien régime teinte en rouge. Les contrastes sont omniprésents. Une longue robe-bustier blanche plissée et flottante s'accompagne de deux brassards plus masculins, faits de manches de blouson de motard. Une volumineuse jupe écrue se ferme avec des attaches de lingerie délicates.

Les oiseaux s'invitent au défilé: sous forme de grands imprimés colorés sur une robe drapée en satin ou de morceaux de celluloïd appliqués sur une jupe en plaid, tandis que leurs plumes accessoirisent les coiffures.

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