Hedi Slimane

14/02/07 à 11:00 - Mise à jour à 10:59

Source: Weekend

Hedi Slimane

© SDP

Né le 5 juin 1968, le petit Hedi Slimane a failli devenir reporter. De mère italienne et de père tunisien, ce Parisien métissé est en effet vivement encouragé par ses professeurs à tenter l'aventure journalistique à la sortie du lycée. Ces conseils précieux le mènent en hypokhâgne avec, en ligne de mire, une probable inscription en sciences po, mais à 20 ans, le jeune homme surprend son entourage en entrant à l'Ecole du Louvre pour un avenir qu'il veut davantage artistique. Il est vrai que, depuis l'âge de 15 ans, l'étudiant réalise lui-même ses vêtements et que le virus de la mode le gagne de jour en jour.

Fraîchement diplômé, il fait ses premiers pas professionnels comme assistant chez José Lévy, avant de rejoindre Jean-Jacques Picart pour repositionner, d'une part, l'image de New Man et travailler, d'autre part, sur le projet du centenaire de la toile Monogramme de Vuitton. Son approche talentueuse de la mode le conduit, en 1997, à la première grande rencontre de sa jeune carrière en la personne de Pierre Bergé qui le propulse au rang de directeur artistique de la ligne homme Yves Saint Laurent Rive Gauche. A 29 ans, Hedi Slimane est déjà sur les rails de la reconnaissance internationale. Ses premières collections pour la marque mythique suscitent d'emblée les ovations de la presse et l'engouement des acheteurs, au point que rien ne semble pouvoir venir troubler l'avancée triomphale.

En 1999, l'orage éclate toutefois dans le ciel du luxe mondial : les groupes LVMH et PPR se font la guéguerre à coups de prises de pouvoir surprise et de rachats éclair. Dans la valse des concentrations ambiantes, Gucci met finalement la main, grâce à PPR, sur la plus prestigieuse des griffes françaises : Yves Saint Laurent. Dans cette opération financière des plus spectaculaires, seule l'activité haute couture de la marque échappe au contrôle de l'ambitieux Italien, puisque la direction artistique du prêt-à-porter tant féminin que masculin revient au Texan Tom Ford (déjà en place à la direction de la création chez Gucci).

Un grand point d'interrogation se dessine au-dessus de la tête du très convoité Hedi Slimane , fort de ses cinq brillantes saisons passées en " Rive Gauche ". Les propositions affluent, le jeune homme réfléchit. Dans les négociations en cours, Gucci offre à Hedi Slimane l'opportunité et le luxe inespéré de lancer sa propre marque éponyme alors qu'un autre pôle du luxe emmené par Prada l'invite à réfléchir sur une reprise éventuelle de la direction artistique de l'un de ses fleurons branché : Jil Sander. Surgit alors un émissaire du camp LVMH avec une offre de contrat plutôt alléchante : et si l'ex-créateur de Yves Saint Laurent Rive Gauche acceptait de prendre en charge l'ensemble de la création et de l'image des lignes de prêt-à-porter masculin du tout aussi mythique Christian Dior?

Hedi Slimane décide d'emblée de relever le défi et Bernard Arnault, patron de LVMH, jubile : il vient de marquer un point contre Domenico De Sole, PDG de Gucci et allié de François Pinault, le maître du géant PPR. Fort du soutien inconditionnel de Bernard Arnault, Hedi Slimane révolutionne complètement, dès l'an 2000, l'image de Dior Homme et devient très rapidement LA référence en matière de mode masculine du XXIème siècle naissant.

Il devient le moteur de Dior Homme et poursuit son travail de recherche artistique dans le studio immaculé qu'il a lui-même dessiné à la rue François Ier. Il est vrai que le styliste parisien est un passionné d'architecture contemporaine et de musique électronique (200 baffles ornent d'ailleurs le plafond de son atelier de création) et qu'il aime intégrer, à sa façon, ces deux disciplines dans son travail vestimentaire.

En juillet 2007, Hedi Slimane décide de ne pas renouveler son contrat Dior Homme, arrivé à échéance. Afin de le persuader de rester, la maison de couture lui avait proposé de financer sa propre griffe, mais les discussions qui s'ensuivirent échouèrent. Hedi Slimane explique qu'il n'a pas souhaité perdre le contrôle de son nom, et du management de sa propre marque, conditions sine qua non à la signature de son nouveau contrat Dior Homme. Kris van Assche a repris la relève de la direction de création de la maison Dior homme en 2007.

F.B.

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