Jane Birkin ne veut plus prêter son nom au mythique sac Hermès dans sa version croco

29/07/15 à 09:58 - Mise à jour à 31/07/15 à 09:53

La chanteuse et actrice Jane Birkin a demandé à la maison de luxe Hermès de débaptiser le mythique sac en crocodile portant son nom, l'un des plus chers au monde, dénonçant des "pratiques cruelles" lors de l'abattage de ces animaux.

Jane Birkin ne veut plus prêter son nom au mythique sac Hermès dans sa version croco

Jane Birkin en 1975 © Roland Godefroy

"J'ai demandé à la maison Hermès de débaptiser le "Birkin Croco", jusqu'à ce que de meilleures pratiques répondant aux normes internationales puissent être mises en place pour la fabrication de ce sac", a indiqué Jane Birkin dans un communiqué transmis mardi à l'AFP par son agent.

L'artiste franco-britannique dit avoir été "alertée par les pratiques cruelles réservées aux crocodiles au cours de leur abattage pour la production des sacs Hermès portant (son) nom". Elle précise être "signataire des pétitions "Mercy for animals" de l'acteur américain Joaquin Phoenix, protestant contre tout mauvais traitement envers les animaux".

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A cette déclaration, la célèbre maison familiale de luxe vient de répondre en rappellant les liens d'amitié et de confiance qui la lient avec la chanteuse, actrice et muse de Gainsbourg, des liens qui ne sauraient être entamés par cette affaire. Hermès dit aussi partager l'émotion de Jane Birkin, après avoir vu les images de ces pratiques cruelles.

Suite à leur découverte, le sellier a lancé une enquête sur la ferme texane incriminée, qui rappelle-t-elle ne lui appartient pas et dont la production n'est en rien destinée à la confection de ses sacs Birkin. Enfin, le maroquinier finit par rappeler qu'il impose à ses fournisseurs les standarts les plus élevés dans le traitement éthique des crocodiles et organise chaque mois des visites de contrôle chez ses fournisseurs pour voir si leurs pratiques sont bien en accord avec les conventions internationales véterinaires, sur le droit des animaux et de protection de la nature.

Un sac mythique, pratique et chic

Le Birkin a été dessiné en 1984 pour Jane Birkin, après une rencontre dans un avion entre le président d'Hermès de l'époque, Jean-Louis Dumas, et la chanteuse, alors jeune maman, qui se plaignait de ne pas trouver un sac à la fois pratique et chic.

Avec ses deux poignées et sa grande contenance, ce sac, l'un des plus chers du monde, est prisé des célébrités comme Victoria Beckham ou les héroïnes de la série "Sex and the City". Comme son cousin le sac Kelly (référence à Grace Kelly) et les carrés de soie, il est un emblème d'Hermès. Décliné en plusieurs matières -vache, veau, autruche, crocodile- et couleurs, il est fabriqué entièrement à la main en France par une seule personne, qui y appose sa signature -initiales ou autre- et nécessite entre 18 et 25 heures de travail.

202.000 euros aux enchères

Le Birkin d'Hermès, dans sa version croco et diamant, présenté lors d'une vente aux enchères à Beverly Hills, en 2014

Le Birkin d'Hermès, dans sa version croco et diamant, présenté lors d'une vente aux enchères à Beverly Hills, en 2014 © Reuters

Le modèle en crocodile, disponible à partir de 33.000 euros sur commande, s'arrache également aux enchères: début juin, un sac à main Diamond Birkin fuchsia en peau de crocodile, avec des finitions en or 18 carats et en diamants, a battu un record pour un tel accessoire, trouvant preneur pour 202.000 euros chez Christie's à Hong Kong.

Même les modèles en cuir classique, vendus aux environs de 7.000 euros, sont difficiles à trouver en magasin, victimes de leur succès.

Face à l'engouement grandissant pour sa maroquinerie, Hermès a annoncé le 20 juillet une augmentation de la capacité de production de deux de ses sites en France dédiés aux articles en cuir, permettant à terme de créer plus de 200 emplois. Le sellier-maroquinier, signant aussi des collections de prêt-à-porter, emploie plus de 12.000 personnes dans le monde, dont 7.200 en France.

Rappel de l'épisode précédent

Il y a quelques semaines, l'organisation de défense des animaux Peta a lancé en juin une campagne pour demander à Hermès de "cesser immédiatement d'acheter et d'utiliser des peaux exotiques, et de vendre des accessoires en peau de crocodile et d'alligator". L'organisation a diffusé un film, après une enquête menée, dit-elle, dans des élevages envoyant leurs peaux dans des tanneries appartenant à Hermès.

Elle affirme que les animaux "croupissent dans de sombres hangars ou dans de tristes fosses en béton et sont tués avant même d'avoir atteint l'âge adulte" et que "leur vie est aussi cauchemardesque que leur mort".

La maison de luxe avait alors répondu que "certaines séquences (...) avaient été tournées préalablement à (ses) accords de partenariat avec les fermes évoquées dans ce film".

"Toutes nos fermes partenaires respectent scrupuleusement les règles établies sous l'égide de l'ONU par la Convention de Washington de 1973 qui définissent la protection des espèces en danger", avait assuré Hermès, précisant qu'un audit était en cours dans l'un des établissements incriminés, au Texas.

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