L'interdiction de la burqa, une menace pour le luxe parisien?

26/04/10 à 08:43 - Mise à jour à 08:43

Source: Weekend

Selon le site Rue89, l'interdiction du port du voile intégral pourrait avoir une conséquence inattendue : toucher le secteur du luxe parisien, fréquenté par les princesses du Moyen-Orient.

L'interdiction de la burqa, une menace pour le luxe parisien?

© REUTERS

L'interdiction du port du voile intégral dans l'espace public pourrait avoir une conséquence inattendue : toucher le secteur du luxe parisien. C'est la constatation faite par le site Rue89, suite à une enquête au coeur du VIIIe arrondissement, où sont situées les grandes boutiques de luxe, fréquentées par les Emiratis.

En été, les princesses saoudiennes débarquent à Paris, pour échapper à la chaleur de leur pays. L'occasion pour elles de planifier quelques sorties shopping dans la capitale de la mode et du luxe. Au programme : Dior, Gucci, Versace, Chanel,.... Mais l'interdiction du voile intégral en France pourrait avoir des conséquences fâcheuses sur ce marché du luxe déjà touché par la crise. "Il n'y aura pas de passe-droit" a promis le député UMP Eric Raoult, et cela vaut aussi pour ces femmes entièrement voilées originaires du Moyen-Orient.

"Sous le voile, c'est mini-jupes et top décolettés"

Car, comme l'explique une vendeuse d'une boutique de luxe à Rue89, pour ces femmes, "sous le voile, c'est mini-jupes et tops décolletés", estampillés des logos les plus prestigieux, à la pointe de la mode. " Et plus l'enseigne est "bling bling" et chère, plus le chiffre d'affaires risque d'en prendre un coup ", rajoute-t-elle.


Pour le milieu du luxe parisien autour des avenues Montaigne, Georges-V et des Champs-Elysée, on prévoit "des ajustements" pour ces clients si lucratifs. "Des princesses ont déjà dépensé 30 à 40 000 euros en une seule fois dans notre magasin", raconte à Rue89 la vendeuse d'une enseigne de chaussures pailletées-cloutées-dorées de la rue Montaigne. Les vendeurs les plus optimistes parient sur la capacité d'adaptation de leurs clientes. "Elles vont comprendre et s'habilleront en conséquence. Elles adorent Paris. Elles ne pourront pas arrêter de venir. " Au pire, "on s'adaptera, quitte à aller directement dans les hôtels ou à privatiser le magasin le temps de leur visite."

Dans plusieurs enseignes, la grande peur, c'est le boycott. "C'est notre gagne-pain ! Les Français ne représente pas plus de 40% de notre chiffre d'affaires", s'inquiète une vendeuse des Champs-Elysées, citée par le site d'information, fustigeant "ces lois qui ne servent à rien et ne seront pas appliquées."

Ca.L

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