La mode boudera-t-elle Washington et la famille Trump ?

13/01/17 à 14:50 - Mise à jour à 14:54

Source: Weekend

Rares sont les marques qui, aujourd'hui, osent affirmer vouloir habiller le clan Trump. Quant à la griffe d'Ivanka, la fille du futur président, elle est boycottée...

La mode boudera-t-elle Washington et la famille Trump ?

© Getty Images

Dans le jargon, on appelle ça une "alerte style", le genre de courriel qui inonde les boîtes électroniques des rédactions, juste pour signaler, image à l'appui, que telle ou telle personnalité a été vue portant des vêtements de la marque à l'origine de la propagation virale de l'info. A ce petit jeu des intérêts croisés bien compris, Michelle Obama était une "bonne cliente", sa popularité planétaire lui ayant permis de faire découvrir le travail de jeunes créateurs, de marques plus accessibles comme J.Crew, aussi, sans bouder pour autant les représentants plus institutionnels de la mode américaine incarnés par Carolina Herrera, Oscar de la Renta ou Ralph Lauren.

Ce dernier, pourtant, ne s'est guère pressé de signaler que le jumpsuit blanc arboré par Melania Trump, le soir du 8 novembre dernier, provenait de ses collections.

Le 8 novembre, Trump au soir de l'élection de son milliardaire de mari à la présidence des Etats-Unis, Melania Trump porte une tenue signée Ralph Lauren

Le 8 novembre, Trump au soir de l'élection de son milliardaire de mari à la présidence des Etats-Unis, Melania Trump porte une tenue signée Ralph Lauren © WireImage

S'il s'est finalement résolu à en faire mention dans les colonnes du New York Times, c'est pour bien préciser que la nouvelle Première dame l'avait acquis elle-même et à ses frais. Sur papier, l'arrivée d'une ex-top aurait dû réjouir l'industrie en quête d'une ambassadrice au physique somme toute avantageux. Mais les griffes sont pourtant loin de se bousculer au portillon de la Trump Tower depuis la victoire du Républicain. La créatrice française Sophie Theallet, qui a dessiné par le passé plusieurs modèles pour Michelle Obama, a déjà fait savoir qu'elle ne souhaitait pas habiller la femme du futur président des Etats-Unis à laquelle elle ne veut être associée "d'aucune façon", soulignait-elle dans une lettre ouverte qui a amené rapidement certains confrères et consoeurs à sortir du bois.

Le message posté sur Facebook par Humberto Leon, codirecteur artistique, avec Carol Lim, de la marque parisienne Kenzo et du label Opening Ceremony, allait dans le même sens : "Personne ne devrait [l'habiller] et si elle achète vos vêtements, faites bien savoir que vous ne la soutenez pas." Quant au site Fashionista, qui compte plus de 2,5 millions de lecteurs mensuels, il ne couvrira les choix mode de Melania Trump qu'à minima... "Nous ne voulons pas participer à la normalisation de cette famille, assurent ses responsables. Nous n'entendons pas contribuer à humaniser ou à mettre en lumière une administration qui constitue une telle menace pour les femmes, les minorités, les immigrés... pour ne citer que quelques exemples de sérieux problèmes à venir que nous ne pouvons ni ignorer, ni suivre en profondeur car la mission de notre site est de parler de mode."

Si elle a indiscutablement les moyens de faire son shopping où elle veut, la First Lady pourra au pire se contenter de faire de la retape pour la ligne de sa belle-fille, produite presque exclusivement... en Asie. Car dans la famille "faites-ce-que-je-dis-mais-pas-ce-que-je-fais", Ivanka Trump n'a rien à envier à son père qui, s'il porte des costumes sur mesure signés Brioni - made in Italy donc... -, fait également fabriquer la grande majorité de son merchandising hors de son pays. La jeune femme, accusée d'avoir profité d'une apparition publique dans un contexte "présidentiel" pour faire de la publicité - via un mail d'alerte style, justement - pour un de ses bracelets à 10.000 dollars, voit désormais sa ligne tradi-chic figurer sur la liste des marques boycottées par le mouvement #GrabYourWallet. Littéralement #AttrapeTonPortefeuille fait référence à l'infamant "grab them by the pussy" prononcé par le successeur d'Obama. Un palmarès dans lequel se retrouvent, entre autres, les sneakers New Balance, désormais publiquement désavouées sur la Toile, le vice-président de l'entreprise ayant eu la malencontreuse idée de défendre les prises de position protectionnistes de Donald Trump. Preuve s'il en est que politique et commerce font rarement bon ménage.

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