La mode dans sa zone de confort

22/06/15 à 09:49 - Mise à jour à 09:49

En tant de crise, il n'est jamais prudent de changer de cap. Alors que Missoni, Ferragamo et Calvin Klein revoient leurs classiques, Prada shoote dans la fourmilière.

En langage modeux, on appelle ça "l'ADN" de la marque, ce qui définit son style en quelque sorte, qui fait qu'on la reconnait même au premier coup d'oeil. Tout l'art du directeur artistique consistant bien sûr à garder le cap tout en twistant le propos juste ce qu'il faut.

Un trait de caractère plus prégnant chez certaines maisons que d'autres, comme la propension à présenter des silhouettes quasi toutes monochromes chez Calvin Klein, les rayures chez Missoni, les costumes proprets et bien coupés chez Salvatore Ferragamo. On pourrait dire que ces trois marques qui défilaient dimanche à Milan resteront la saison prochaine dans leur zone de confort.

Italo Zucchelli chez Calvin Klein a comme de coutume proposé une " interprétation dynamique de la simplicité américaine d'aujourd'hui. " Des silhouettes propres et nettes, faciles à vivre - " utilitaires " était même le mot choisi par le créateur pour les décrire - et sans trop de prise de risques, donc.

Chez Salvatore Ferragamo, Massimiliano Gioretti s'est frotté à une palette de couleurs plus franches, moins délavées en tout cas que cet été, mariées façon color block au sein d'un même vêtement, la petite référence au sportswear - casquettes, sneakers, sweats - bienvenue pour rajeunir l'audience est également présente, à ce titre, les vestes de costumes raccourcies au niveau de la taille façon blouson donnent aussi un joli coup de peps à l'ensemble.

Chez Missoni, l'esprit demeure mais l'inspiration s'évade vers d'autres contrées. Les influences africaines perçues les saisons passées ont migré vers l'Inde - le catwalk était recouvert de pétales de rose et les travées embaumaient l'encens fraîchement brûlé -, les imprimés signature de la maison sont toujours là, parfois seulement présent sur le revers d'une manche ou sur un foulard porté au tour du cou.

Comme toujours finalement, le coup de pied dans la fourmilière est venu de Muccia Prada qui, après deux saisons toutes en monochromies et en monotonie - les looks austères se ressemblaient tous, la réciprocité des vestiaires homme-femme accomplie - s'est à nouveau lâchée, osant les imprimés fusée, lapin, voiture à la manière des émoticons, la couleur et les paillettes aussi, en rafales, le mini version short chez l'homme, robe chez la femme signant son grand retour.

Tout cela présenté au pas de charge comme si la grande dame de la mode italienne était pressée de tenir salon - plus de 1000 personnes invitées pour l'occasion -dans les murs sa toute nouvelle fondation.

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