La mode prend-elle les femmes pour des pigeons?

12/05/16 à 08:00 - Mise à jour à 13/05/16 à 15:21

Source: Weekend

Regardez bien cette chemise, dessinée par la très en vogue griffe italienne Gucci. Sur l'e-shop de la marque, le modèle féminin est vendu à 1 390 dollars, tandis que son pendant masculin, identique en tous points ou presque, est proposé à 1 100 dollars seulement.

La mode prend-elle les femmes pour des pigeons?

© imaxtree

Et les exemples de ce type ne manquent pas. Une marinière Saint Laurent présente ainsi une différence de prix de 240 euros, au désavantage des fashionistas. Idem chez Valentino, où un sweat-shirt avec papillons rebrodés coûte 740 dollars de plus aux demoiselles.

C'est le très sérieux magazine The Business of Fashion qui s'est ainsi amusé à répertorier ces écarts de prix, indiquant que la pink tax - cette idée que la version féminine d'un produit est commercialisée pour un montant plus élevé que son équivalent masculin - ne concerne pas seulement les produits de beauté, comme les rasoirs ou les shampoings. En décembre, une étude publiée par le New York City Department of Consumer Affairs avait déjà montré que le sexe dit faible paie 8 % de plus que les mâles pour des vêtements similaires.

Les explications avancées sont multiples. Certaines pièces exigent plus de travail quant à leur réalisation, ce qui doit être amorti sur l'ensemble de la ligne et non pas sur un seul modèle. Même raisonnement lorsqu'un look est fabriqué en une multitude de tailles et de couleurs, ce qui implique de plus petites séries, dès lors moins économiques. Aux Etats-Unis, les taxes de douane à l'importation défavorisent aussi certains articles féminins, une ineptie qui remonte à 1830.

Et puis, il y a aussi l'aspect psychologique, qui veut que le prix est un moyen comme un autre de créer le désir. Et quand on sait que les femmes sont davantage sensibles au coup de folie que les hommes, plus rationnels, on comprend mieux pourquoi certaines marques de luxe n'hésitent pas à profiter de la situation...

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