Paris: Deuxième jour de défilés sous le signe du Girl Power

28/02/18 à 00:11 - Mise à jour à 09:53

La fashion week parisienne a vraiment bien commencé. Placée aujourd'hui sous le signe des femmes, avec Marine Serre et son premier défilé si juste, avec Maria Grazia Chiuri pour Dior et ses slogans recyclés, avec Anthony Vaccarello pour Saint Laurent et ses filles qui font de l'ombre à la Tour Eiffel.

Paris: Deuxième jour de défilés sous le signe du Girl Power

Elle vient de vivre six mois en accéléré, Marine Serre. Cette ex-étudiante de La Cambre mode(s) a remporté le prix LVMH 2017 en juin dernier et lancé son label à son nom ni une ni deux. Sans ce coup de pouce, elle aurait pris le temps, ou du moins elle aurait dû compter avec lui. Mais là, comme une impérieuse évidence, elle a tout construit en moins d'un an. Sans oublier jamais de creuser sa créativité, qu'elle a puissante et assurée. Car la jeune femme a des choses à dire, et elle les dit bien.

Paris: Deuxième jour de défilés sous le signe du Girl Power

Paris: Deuxième jour de défilés sous le signe du Girl Power

En quelques 70 silhouettes pensées des pieds à la tête, en passant par l'esprit et le corps de celles qui les incarnent chacune à leur manière. Marine Serre fait merveille dans le mélange couture/sportswear - ce n'est pas une posture, elle le connaît par coeur pour avoir pratiqué le tennis de haut vol à l'adolescence. Avec une liberté dont on lui sait gré, elle s'est lancée dans le flou, composé notamment de foulards vintage, qu'elle entend ainsi recycler. Car elle n'ignore pas que l'industrie de la mode est l'une des plus destructrices pour la planète bleue et l'une des plus voraces pour la création, ne se gênant jamais pour piller et copier comme personne. Mais Marine n'a pas besoin de se forcer pour se singulariser. Tout chez elle fait sens. De son monogramme en forme de croissant de lune qui la suit depuis ses début jusqu'à son cri du coeur " Future Wear is now ". Comme elle a raison. Et comme il est émouvant d'assister à l'envol d'une grande.

Paris: Deuxième jour de défilés sous le signe du Girl Power

Chez Dior, Maria Grazia Chiuri s'est engagée sur la voie d'un féminisme de bon aloi. Et puisque Mai 68 a cinquante ans, elle en fait la trame de son automne-hiver. Prenant en guise de mantra cette phrase de Diana Vreeland, alors rédactrice en chef du Vogue USA : " Dans les années 60, tout était question de personnalité. Pour la première fois, les mannequins sont devenus des personnalités. C'était une époque de grands projets, une époque créative, et ces femmes se sont inventées elles-mêmes. "

Dans un décor aux murs tapissés de slogans forcément soixante huitards et de couvertures de Vogue, ELLE et Harper's Bazaar datées, elle signe son engagement sociétal sur le pull de sa première silhouette : " C'est non, non, non et non ". Harvey W. n'a qu'à bien se tenir, et tous les autres aussi. Pour le reste, elle réhabilite le saddle bag, le kilt, les cuissardes de moto, les patchworks hasardeux et les broderies sur les robes d'organza. Un petit " J'adior " par-ci par-là et la boucle est bouclée.

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© Imaxtree

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Pour la maison Yves Saint Laurent, Anthony Vaccarello s'offre à nouveau la Tour Eiffel, mais il prie la dame de fer de rester dehors. A l'intérieur, un mur de miroirs teintés, un plafond de spots, un catwalk si long qu'il en devient presque dramatique. Dessus, des filles et des garçons qui ne traînent pas, qui portent du noir surtout, c'est parce qu'ils sortent le soir. Elles ont des chapeaux enfoncés jusqu'aux yeux, des bottes à franges ou des plateformes, des escarpins blancs, des micro shorts ou des mini robes qui clament leur amour de l'allure et des bijoux qui brillent. Ils ont des jeans skinny, des costumes impeccables, des blousons de cuir et des chapkas.

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C'est imparable, c'est jeune, c'est désirable parce qu'empli de désirs. Quand, au final, elles reviennent parées d'une garde-robe qui a quitté le noir pour la couleur, c'est l'explosion chromatique, dans une profusion d'ennoblissements aux tons très Saint Laurent, contrastes violents compris. Le créateur belge ne craint pas le poids des fantômes. Et c'est tant mieux.

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