Un coin du voile se lève au Palais Galliera sur le mystère Martin Margiela

28/02/18 à 11:20 - Mise à jour à 01/03/18 à 14:24
Du Le Vif Weekend du 22/02/18

De 1989 à 2009, d'un printemps-été à l'autre, Martin Margiela élabora un vestiaire questionnant les structures du vêtement et les systèmes de la mode. Une révolution. Le 3 mars prochain, le Palais Galliera, à Paris, lui consacre une rétrospective volontairement chronologique. Avant-propos.

Il avait étudié la mode à l'Académie royale des beaux-arts d'Anvers tandis que les années 70 finissantes laissaient la place aux prémices du siècle suivant. Très vite, Martin Margiela (Louvain, 1957) avait fait ses premiers pas remarqués, chez Jean Paul Gaultier d'abord, puis tout seul, sous son nom, dès le printemps-été 89. Il avait d'emblée choisi l'anonymat, le pluriel à la place du singulier, l'exigence du collectif, une griffe blanche vierge de toute marque, l'implantation à Paris et un alphabet à ce point personnel qu'il calligraphia une mode qui fit révolution. Car dans un beau geste de tailleur, instruit et intuitif, il travailla à montrer ce que tout le monde d'ordinaire cache. S'autorisa le déchiré, le non-fini, l'hybridation, le trompe-l'oeil, le jeu d'échelles, les déconstructions, l'économie des formes et son contraire, les ruptures de ton, les défilés qui lui ressemblent - autant de partis pris qui firent école. Ne se cantonna jamais si ce n'est au questionnement permanent du vêtement, de son histoire, de son rapport intime avec celles qui le portent. Et, vingt ans après ses débuts, tira sa révérence avec une élégance silencieuse qui fut tout sauf muette.
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