Rêves d'Arctique

10/01/13 à 12:37 - Mise à jour à 12:37

Source: Nest

A découvrir du 1er au 29 mars, une expo sur les ours polaires d'après le travail de la plasticienne d'Alice Pieters.

Rêves d'Arctique

Pour cette exposition, Alice Pieters a choisi de poser son regard tendre et aiguisé sur les ours polaires, pour la dualité de leur fragilité et de leur force liées. Les ours d'Alice sont représentés tout en rondeurs et douceur, à travers 7 sculptures, 30 dessins et peintures. Si on n'est pas dans l'univers enfantin, on en conserve ici la candeur.

L'artiste représente l'ours qui va encore bien, mais elle alerte. L'exposition est optimiste, mais porte un signal : l'image de cet ours débonnaire et rond qu'on admire aujourd'hui, elle est prête à disparaître. Dans les dessins d'ours vautrés qui goûtent à la langueur de vivre, il y a la promesse d'un futur. Ils tiennent encore debout, mais on sait qu'on touche à l'ultime limite.

Alice Pieters a volontairement imprimé des déformations dans ses sculptures, les accidents de la vie des personnages auxquels elle donne corps, car elle n'aime pas les objets parfaits. Son travail s'inscrit entre l'imperfection et la représentation. Elle applique à son oeuvre une recherche de construction-reconstruction permanente, jusqu'à ce que l'image lui paraisse parfaite, parce qu'elle ne l'est pas.

Les ours tiennent ici sur une structure en acier, sont peaufiné sur un squelette en grillage, habillés d'une peau de plâtre. Par-dessus le tout, Alice les tatoue au fusain et aux pastels. Le dessin fait partie de sa reconstruction. L'ensemble donne une impression de surréalisme, mâtiné d'humour. La plasticienne se passionne pour l'Arctique dans le cadre de l'environnement depuis trois ans. Un intérêt rempli de sens : au début du XXème siècle, la famille de son père exploitait des chalutiers de pêche et partait en exploration au Groenland.

Hommage aux grands explorateurs belges, l'exposition "Rêves d'Arctique" est imprégnée des reportages sur la situation dramatique pour la faune et la flore dans ces régions, dont les ours polaires sont devenus, malgré eux, l'emblème vacillant. Alice Pieters s'est trouvée fort ébranlée par un documentaire sur les ours polaires, elle s'est questionnée sur l'influence de l'homme sur cette espèce. Dans ce film, elle a vu une mère batailler pour sauver ses deux oursons. Une série d'oeuvres est née du combat de cette ourse. La sculptrice a aussi tenu à créer un parallèle entre la situation de ces animaux sauvages et la vie de Knut, le célèbre ours blanc du zoo de Berlin : les uns sont prisonniers de leur milieu naturel, l'autre était prisonnier dans une cage. Malgré son aspect doux et paisible, ludique même, cette exposition porte un message militant, un appel à la sensibilisation au réchauffement climatique. L'humanité ne se rend vraisemblablement pas compte que la planète fond sous ses pieds... L'exposition d'Alice Pieters nous le rappelle, comme une prière, avec douceur.

En pratique

Galerie Arielle d'Hauterives, rue Tasson-Snel 37, 1060 Bruxelles, 0477 70 02 32, info@arielledhauterives.be

Nos partenaires