La violence envers les femmes et les enfants encore "largement tolérée" en Algérie

10/05/16 à 16:41 - Mise à jour à 16:41

Source: Afp

La violence contre les enfants et les femmes est "largement tolérée" dans la société algérienne, a estimé mardi à Alger le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à la Santé, un héritage selon lui d'une décennie de guerre civile.

La violence envers les femmes et les enfants encore "largement tolérée" en Algérie

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"Il existe un héritage de tolérance envers certaines formes de violence dans certains contextes et contre certains groupes et tranches de la population", a indiqué Dainius Puras, qui a passé deux semaines en Algérie.

Ainsi, "la violence contre les enfants et les femmes est largement tolérée par la société", a-t-il dit en conférence de presse.

Selon lui, les violences perpétrées lors de la guerre civile dans les années 90 ont causé "un traumatisme profond au sein de la population qui n'a pas encore été abordé de manière adéquate".

Dainius Puras a notamment affirmé que les châtiments corporels "restent légaux dans la famille, les structures d'accueils et les établissements pénitentiaires".

Il a aussi insisté sur le fait que les victimes devaient être protégées et non blâmées.

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Plus de 9.000 plaintes pour violences ont été déposées par des femmes en 2015 en Algérie. Ce chiffre officiel ne représente toutefois que la partie visible de l'iceberg selon des experts, qui estiment que peu de femmes vont jusqu'au dépôt de plainte de peur d'être stigmatisées par la société.

En matière de politique de Santé, le rapporteur des Nations unies a estimé que l'un des principaux défis de l'Algérie était "l'accès équitable" aux soins et a appelé les autorités à faire en sorte que "personne ne soit laissé de côté".

L'accès aux soins est gratuit en Algérie mais de nombreuses structures de santé, notamment celles du sud du pays, souffrent de l'absence de spécialistes et de l'inexistence de certains services, a-t-il constaté.

Et si l'Algérie forme chaque année plusieurs milliers de médecins, ils sont nombreux à partir à l'étranger, principalement en France.

Selon l'expert onusien, le pays n'a pas atteint ses objectifs du millénaire pour le développement en matière de réduction de la mortalité infantile et d'amélioration de la santé maternelle, précisant que la majorité des décès étaient pourtant évitables.

Dainius Puras présentera un rapport complet en juin 2017 lors d'une session du conseil des droits de l'Homme des Nations unies.

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