Elisabeth de Belgique, une jeune fille (extra)ordinaire de 15 ans

08/12/16 à 00:30 - Mise à jour à 10:48

Source: Royals

Durant dix jours, du 31 octobre au 9 novembre, Willem-Alexander et Máxima ont sillonné l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Restées aux Pays-Bas, les trois princesses avaient, de toute évidence, grande impatience de retrouver leurs parents. A coup sûr, en Belgique, Elisabeth, Gabriel, Emmanuel et la petite Eléonore n'apprécient pas, eux non plus, les trop longues absences de leurs parents. Que Philippe et Mathilde en profitent car, de toute évidence, cela ne devrait pas durer. Quand arrive l'adolescence l'absence des parents est souvent synonyme de liberté. Le 25 octobre, la Duchesse de Brabant - " Lisa " pour la famille et les intimes - a fêté son 15e anniversaire. L'héritière du trône a-t-elle réuni quelques amis, a-t-elle fêté l'événement en famille ? Secret de cour ! En tout cas, le moins que l'on puisse dire c'est que la fille aînée des souverains sait déjà très bien ce qu'elle veut... ou ce qu'elle ne veut pas ! A l'occasion de son anniversaire, dans ces pages, découvrez un portrait quelque peu différent.

Elisabeth de Belgique, une jeune fille (extra)ordinaire de 15 ans

© Photomontage

Elle n'est plus une enfant, aucun doute à ce sujet. Sur la photo tweetée par le Palais en remerciement pour les voeux d'anniversaire envoyés à Elisabeth, on distingue clairement la jeune femme qu'elle va devenir, avec les pommettes et les yeux bleu-gris de sa mère. Ce n'est plus une petite fille à son papa. Mais qui qu'elle soit, la Princesse Elisabeth de Belgique (Lisa pour les intimes) reste difficile à cerner. Ce qui est précisément le but, semble-t-il. Car s'il faut bien qu'adolescence se passe, autant que ce soit à l'abri des portes du palais.

Nous ne pouvons qu'imaginer la manière dont la princesse héritière a fêté son 15e anniversaire le 25 octobre. Les années précédentes, toute sa classe du collège Sint-Jan Berchmans à Bruxelles était chaque fois invitée pour une sortie éducative : une visite au musée ou une journée à la Kinderuniversiteit (université des enfants) de Louvain. Reste à savoir si ce genre d'équipée peut encore enthousiasmer une adolescente qui commence à avoir voix au chapitre... Une première boum peut-être, même s'il faudra sans doute plutôt attendre pour cela son 16e anniversaire. Quoi qu'il en soit, le service de presse du Palais ne laisse échapper aucune information. Même une innocente question sur la musique préférée de la princesse héritière est restée sans réponse.

Un bien sacré

Protéger la vie privée avant tout n'est pas un choix si déraisonnable. L'adolescence est par définition turbulente, autant donc éviter les indiscrétions. Sur ce point, les princes et princesses ne diffèrent pas tant que cela du commun des mortels : à l'adolescence, ils testent les limites, cherchent leur identité et se rebellent contre les barrières et les règles qui leur sont imposées. C'est plus fort qu'eux : ce ne sont pas les hormones - comme on le pensait par le passé - mais le cerveau qui se développe le plus durant cette période. Et pour ceux qui naissent dans un foyer royal, les motifs de révolte ne manquent pas : le protocole, les mesures de sécurité ou la prédétermination, pour n'en citer que quelques-uns.

Prenons l'exemple du jeune Prince Willem-Alexander, qui "égarait" ses gardes du corps pour partir se promener à Scheveningen tard dans la nuit, ou celui du Prince Harry, surpris à consommer du cannabis. Tant que les enfants vont à l'école, il est relativement facile de les faire marcher droit. Grace de Monaco aurait pu en témoigner. Caroline et Stéphanie, ses deux filles, prenaient docilement la pose dans des tenues choisies pour elles et souriaient gentiment à l'objectif. Du moins jusqu'à leur 16e année, âge auquel elles ont commencé à afficher des décolletés vertigineux sur les photos ou à tomber amoureuses d'hommes qui ne leur convenaient pas. Grace, qui s'était tellement investie dans leur éducation, a été profondément déçue lorsque la presque totalité des magazines féminins d'Amérique a commencé à publier des articles sur la "guerre" l'opposant à Caroline et Stéphanie. "Toutes les adolescentes ne sont-elles pas en conflit avec leur mère ?", a-t-elle commenté avec un brin de tristesse. "Je n'avais pas le même avis que ma mère sur les vêtements qu'elle voulait me faire porter, sur ce qui était autorisé et interdit, et l'histoire se répète maintenant avec mes filles. C'est normal, non ? Cela ne veut tout de même pas dire que nous n'avons pas une relation chaleureuse !"

La Princesse héritière Elisabeth a récemment fêté son 15e anniversaire. Les petites filles grandissent...

La Princesse héritière Elisabeth a récemment fêté son 15e anniversaire. Les petites filles grandissent... © .

L'entêtement des Cobourg

Des conflits apparaissent aussi parfois entre la Reine Mathilde et Elisabeth, notamment au sujet des tenues qu'Elisabeth qualifie de "tartes" et de celles que Mathilde ne trouve pas suffisamment élégantes. Car "Lisa" a beau être intelligente et consciente de ses devoirs, c'est aussi une jeune fille têtue, qui n'hésite pas à faire preuve d'obstination de temps à autre... une vraie Cobourg ! Mère et fille ont été plus d'une fois surprises en plein désaccord dans des boutiques bruxelloises. Heureusement en l'absence de tout paparazzi. "Il est essentiel qu'Elisabeth ait l'occasion de grandir loin du feu des projecteurs", souligne le pédopsychiatre Peter Adriaenssens, intime du couple royal et homme d'une discrétion absolue. "Mûrir et se chercher sont deux processus qui exigent de l'intimité. A l'instar des autres adolescents, elle doit pouvoir faire des expériences et commettre des erreurs sans que la moitié de la Belgique y assiste ou que certains éléments soient amplifiés."

Marcher au pas ?

Pour l'instant, il semble que la rébellion se passe bien. Elisabeth est une fille intelligente qui ramène invariablement de bons points à l'école. Elle a visiblement le don des langues et parle français, néerlandais, allemand et même quelques mots de chinois. Sérieuse mais absolument pas "nunuche" : elle a trop de tempérament pour cela. La perspective de devenir reine un jour ne semble pas l'effrayer ni l'inquiéter outre mesure, contrairement à Willem-Alexander qui s'est fait beaucoup de soucis à un certain moment. Elisabeth sait ce qu'on attend d'elle et est habituée à répondre à ces attentes. D'un autre côté, Mathilde est une maman suffisamment avisée pour laisser une certaine latitude à sa fille adolescente. Ce n'est pas pour rien que la Reine de Belgique possède un diplôme en psychologie. Comme le recommande Peter Adriaenssens, elle fait très attention à fixer des limites claires, mais aussi à communiquer en toute ouverture. En d'autres termes, si à certains égards l'éducation que reçoit Elisabeth peut paraître plutôt stricte ?- et franchement orientée sur le devoir et les résultats scolaires -, elle est aussi remplie de chaleur, et rien n'est "non négociable". Mathilde a par ailleurs l'intelligence de comprendre que depuis sa propre adolescence dans les forêts des alentours de Bastogne, le monde a changé. Facebook, Instagram, WhatsApp : tout est nouveau et les plus jeunes membres des familles aristocratiques n'ont pas la tâche facile au moment de faire des choix. Prenez l'exemple de Marius Borg (19 ans), le fils aîné de la Princesse Mette-Marit de Norvège. Il y a un an ou deux, il lui a été reproché d'avoir mis en danger la sécurité de la famille royale après avoir posté des photos de vacances sur Instagram. Les coordonnées auraient en effet pu permettre de localiser son lieu de villégiature.

Elisabeth de Belgique, une jeune fille (extra)ordinaire de 15 ans

© Palais Royal

Plus tôt dans l'année, Elisabeth et ses parents, le Roi Philippe et la Reine Mathilde, ont assisté à la procession des Fêtes du Couronnement à Tongres. La perspective de devenir reine un jour ne semble pas l'effrayer. Elle sait ce qu'on attend d'elle et est habituée à répondre à ces attentes.

Plus tôt dans l'année, Elisabeth et ses parents, le Roi Philippe et la Reine Mathilde, ont assisté à la procession des Fêtes du Couronnement à Tongres. La perspective de devenir reine un jour ne semble pas l'effrayer. Elle sait ce qu'on attend d'elle et est habituée à répondre à ces attentes. © Palais Royal

Un foyer chaleureux

Mathilde a certainement évoqué les risques liés aux médias sociaux avec Elisabeth. La famille royale parle en effet beaucoup, et de tout. Philippe et Mathilde font leur possible pour éviter que leurs enfants ne soient élevés "dans une bulle", ignorants de la vie que mène le reste de la population, ou pire encore, qu'ils ne deviennent des enfants gâtés. Ce n'est pas un hasard si la Reine Mathilde est rentrée de sa mission humanitaire en Jordanie le soir même de l'anniversaire d'Elisabeth. Et nous pouvons être certains que la famille a beaucoup parlé du triste sort des réfugiés installés dans des camps comme celui de Al Za'atari. Elisabeth suit l'actualité et se montre bien informée. Le sens de l'engagement social lui a été transmis par sa mère qui, dans sa jeunesse, travaillait comme accompagnatrice bénévole lors de voyages à Lourdes. Mais comme beaucoup de jeunes filles, Elisabeth a un lien particulier avec son père. Le Roi Philippe est fier de sa fille, si belle et si intelligente, et celle-ci obtient plus facilement de lui que de sa mère ce qu'elle veut. Ils partagent en outre quelque chose de très spécifique : son père est la seule personne qui remplit la fonction qu'elle occupera plus tard, c'est dans ses traces qu'elle marchera. Père et fille ont fréquemment de petits apartés à ce sujet.

Une jeune fille très occupée

Chez elle, la princesse dessine et lit beaucoup. Elle suit des cours de piano et de danse classique. C'est par ailleurs une grande sportive : vélo, tennis, natation, ski et voile, tout lui réussit. Aînée de la fratrie, elle a développé un grand sens des responsabilités à l'égard de ses trois jeunes frères et soeur. Mais elle ne se laisse pas marcher sur les pieds. "J'ai déjà surpris Elisabeth et ses frères en train de se disputer lorsqu'ils n'étaient pas surveillés", confirme notre reporter Brigitte Balfoort. "En néerlandais, d'ailleurs. J'ai trouvé cela adorable, car tous les enfants doivent pouvoir se disputer. Y compris dans les familles royales."

Du point de vue du caractère, c'est probablement à Gabriel qu'elle ressemble le plus ; il y a parfois un peu de rivalité entre eux, même si elle n'hésite certainement pas à lui rappeler de temps à autre qui est l'aînée. Elle se montre plutôt protectrice vis-à-vis d'Emmanuel et a tendance à materner Eléonore, du moins quand celle-ci le lui permet. Lors des réunions de famille, elle recherche spontanément la compagnie de Laetitia Maria, la benjamine d'Astrid.

A l'aise en société

On ne peut manquer de constater sa tranquille assurance lors de ses apparitions publiques. Tandis qu'Amalia - la fille aînée de Willem-Alexander et Máxima - échappe encore à toute mission officielle, Elisabeth a déjà pris la parole en public à l'une ou l'autre occasion. Elle n'avait que sept ans lorsqu'elle s'est adressée au personnel de la station polaire qui porte son nom en Antarctique. Deux ans plus tard, elle prononçait son premier discours pour l'inauguration du nouvel hôpital des enfants au sein de l'Hôpital Universitaire de Gand.

Elle a fait forte impression en 2014 avec un autre discours rédigé (peut-être) par ses soins en français, en néerlandais et en allemand lors des commémorations de la Première Guerre mondiale à Ploegsteert. Dans les jours qui ont suivi, les médias n'ont pas tari d'éloges sur la princesse.

Il est intéressant de regarder attentivement les photos prises à l'époque. La princesse était encore une enfant, avec la coiffure et tout le sérieux d'une fillette. Aujourd'hui, c'est une jeune fille, même si les traces de maquillage restent rares. Pour en voir, il faudra peut-être attendre sa première photo en robe de bal.

Elisabeth de Belgique, une jeune fille (extra)ordinaire de 15 ans

© Palais Royal

Le premier amour...

Il se peut qu'elle rencontre bientôt le beau jeune homme qui fera battre son coeur pour la première fois, au club de tennis ou ailleurs (pourquoi pas à l'école ?). Dans ses amours aussi, la princesse doit bénéficier d'un espace de liberté afin de faire ses expériences sans que toute la Belgique soit aux premières loges. Mathilde mettra tout en oeuvre pour qu'elle fasse un choix avisé. Il y a bien longtemps que les Maisons royales ont relégué les mariages arrangés aux oubliettes et, selon toute vraisemblance, l'homme de ses rêves ne devra pas nécessairement être issu de l'aristocratie.

Mais attention, car le syndrome "Philippe Junot" constitue le cauchemar de toutes les mères de sang noble. A l'âge de 19 ans, Caroline de Monaco, qui avait reçu une éducation irréprochable et protégée, tout comme sa soeur Stéphanie, est tombée désespérément amoureuse de ce play-boy de 17 ans son aîné. A l'époque, une cohabitation était tout simplement impensable dans la très catholique principauté de Monaco. Il y a donc eu un mariage, suivi deux ans plus tard d'un divorce. "Si j'avais pu vivre avec lui, j'aurais vite compris que nous n'avions rien en commun", a un jour dit Caroline. Elle a dès lors pris la décision catégorique d'agir autrement avec sa fille. Charlotte n'est pas mariée et a eu un fils avec un homme dont elle est aujourd'hui séparée.

Mais Charlotte n'est pas princesse héritière et Elisabeth devra probablement se plier au scénario classique : une robe de mariage éclatante de blancheur et un fiancé radieux. Heureusement, nous n'y sommes pas encore. Après tout, elle n'a "que" 15 ans... Φ

Voir aussi l'album anniversaire : La princesse Elisabeth de Belgique, son évolution sur 15 ans

Elisabeth de Belgique, une jeune fille (extra)ordinaire de 15 ans

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