La génération Elisabeth - L'avenir de l'Europe royale sera assurément teinté de rose. Une idée qui n'est pas pour nous déplaire. Et pas qu'à nous !

17/12/15 à 00:30 - Mise à jour à 08/01/16 à 09:29

Source: Royals

A l'occasion du premier anniversaire du Marquis des Baux et de la Comtesse de Carladès, le Prince Albert de Monaco s'est confié sur cette première année passée à la vitesse de l'éclair. L'occasion de découvrir les mots d'un père comblé et les merveilleux clichés des enfants royaux. Dans quelques années, peut-être le Prince Jacques sera-t-il le premier de la nouvelle génération à monter sur le trône. Impossible de prédire l'avenir. Toutefois, de façon à devancer un peu le temps, dans ce numéro, découvrez également un reportage consacré aux reines et aux rois de demain.

La génération Elisabeth - L'avenir de l'Europe royale sera assurément teinté de rose. Une idée qui n'est pas pour nous déplaire. Et pas qu'à nous !

Elisabeth poursuit son apprentissage de future première Reine des Belges. © Palais Royal/Christian Lambiotte

Les temps changent... mais les rois et les reines demeurent. Dans un monde où tout va de plus en plus vite, les couronnes apparaissent plus que jamais comme un élément de stabilité. Et pourtant, qui dit stabilité ne pense pas pour autant immobilisme. La nouvelle génération de royaux incarne dès aujourd'hui l'Europe de demain.

Estelle a conquis les coeurs de tous les Suédois.

Estelle a conquis les coeurs de tous les Suédois. © Kungahuset.se/Kate Gabor

Depuis sa naissance, Estelle de Suède fait l'objet d'un engouement inégalé à travers tout le pays. La petite princesse est régulièrement associée aux activités officielles et fait la une de tous les magazines. Cela pourrait paraître anecdotique mais c'est beaucoup plus profond qu'il n'y paraît. Quand il est monté sur le trône en 1973, le Roi Carl Gustaf avait été confronté à une fronde politique et à de nombreuses contestations à travers les médias. Le courant républicain était important à travers le pays et l'on soupçonnait le jeune roi d'être un playboy dilettante qui ne serait jamais à la hauteur de la fonction qui lui incombait. Aujourd'hui, la couronne suédoise n'a jamais été aussi populaire. Un retournement de situation lié au travail du souverain bien sûr, mais aussi à la montée en puissance des femmes au sein de la couronne. D'abord l'épouse de Carl Gustaf, la Reine Silvia, qui a dépoussiéré la monarchie et apporté une touche de glamour et de modernité. Arriva ensuite le changement de loi dynastique qui fit de la fille aînée du couple, la Princesse Victoria, la future souveraine du pays. Contre l'avis du roi, la loi de primogéniture absolue fut instaurée et la petite princesse devint l'héritière du trône. Dès lors, l'image de la monarchie a changé et la jeune Victoria a incarné l'avenir de la couronne. Depuis cette révolution de palais, les Suédois ont appris à connaître cette jeune femme qui n'a jamais fait mystère de ses problèmes, comme la dyslexie ou l'anorexie. Mais la dynastie a atteint le sommet de la popularité quand la princesse, après avoir épousé Daniel Westling, l'homme de sa vie, a donné le jour à une petite Princesse Estelle. Après la popularité de la maman, c'est à une véritable Estellemania que le royaume a été confronté.

Des bébés très exposés

Baby George a bien grandi.

Baby George a bien grandi.

A travers toute l'Europe, on rencontre des réactions assez comparables. L'allongement de la vie a mené à rassembler plusieurs générations autour de la couronne. C'est forcément le cas en Angleterre avec les autres générations qui se partagent la représentation de la couronne. Alors que son arrière-grand-mère est toujours sur le trône, le Prince George incarne le futur de la monarchie la plus prestigieuse du continent. Une large part de la magie de la monarchie réside dans sa capacité à représenter la population dans toute sa variété d'âge, de sexe et désormais aussi, d'origine. La grande différence avec les générations précédentes doit aussi être cherchée dans l'éducation dont bénéficient les petits princes. Les parents d'aujourd'hui ne sont plus disposés à abandonner l'éducation des futurs souverains à une cohorte de gouvernantes et de précepteurs. Ils agissent comme des parents "normaux", proches et aimants. Dès lors, l'image qu'ils renvoient au public est celle de familles unies et complices. Tout l'art - compliqué - consiste à conserver la distance indispensable pour sauvegarder la spécificité royale, tout en se montrant plus proche des gens.

En Espagne, Leonor (à gauche) incarne le futur de la monarchie.

En Espagne, Leonor (à gauche) incarne le futur de la monarchie.

Le futur de l'Espagne

Partout, le même courant de sympathie se retrouve autour des jeunes princes. Prenons la direction de Madrid. Dans un pays compliqué, confronté aux tendances séparatistes de la Catalogne ou des scandales liés aux dernières années de règne de Juan Carlos. Aujourd'hui, l'Infante Leonor est au centre de l'attention, même si ses parents font tout pour la préserver. Elle personnifie d'abord l'avenir de la couronne ibérique en le conjuguant au féminin. Dès la prestation de serment du nouveau Roi Felipe VI, les petites princesses ont été propulsées au premier rang de la monarchie. Impossible d'oublier l'image de l'Infante Leonor et sa soeur l'Infante Sofia, très sérieuses, comme si elles étaient parfaitement conscientes des heures historiques qu'elles étaient occupées à vivre. De la part de Felipe et Letizia, il était manifeste que la volonté était de recentrer l'image de la monarchie autour du noyau de la famille royale.

Des familles royales resserrées

Cette tendance se retrouve sur les autres trônes. En Belgique, le Roi Philippe vient de mettre les points sur les 'i' en rationalisant les règles d'attribution du titre de Prince/Princesse de Belgique. Désormais seuls "les princes et princesses, enfants et petits-enfants, issus de la descendance directe du roi ainsi que les princes et les princesses, enfants et petits-enfants, issus de la descendance directe du prince héritier ou de la princesse héritière" porteront encore le titre de "Princes ou Princesses de Belgique". Cette décision n'est pas une exception belge, on la retrouve à travers la plupart des monarchies européennes. Même la très conservatrice couronne anglaise a été obligée de limiter l'attribution de ces titres afin d'éviter une inflation du nombre de titres. Depuis l'accession au trône de Philippe, les cartes ont été redistribuées. Désormais, la famille royale en Belgique se recentre essentiellement sur le roi, la reine et leurs quatre enfants. Pour cette génération, les titres restent d'application pour la Princesse Astrid, le Prince Lorenz et leurs enfants ainsi que pour le Prince Laurent, la Princesse Claire et les leurs. Mais cela sera fini dès la génération suivante. Il ne faut donc pas s'étonner si de plus en plus de regards se portent sur la Duchesse de Brabant qui représente l'avenir de la monarchie et qui sera un jour la huitième souveraine des Belges. Une jeune princesse qui va à l'école comme les autres enfants de son pays et qui maîtrise parfaitement les langues qui y sont parlées. Il faudra voir comment se poursuivra la suite de l'apprentissage de la jeune Elisabeth, notamment sur le plan universitaire et aussi militaire. Même si les parents veillent à ne pas surexposer leurs enfants au monde médiatique, il n'en reste pas moins que la jeune génération prendra de plus en plus de place dans la communication de la famille royale.

Amalia rétablira un jour la tradition de la monarchie au féminin aux Pays-Bas.

Amalia rétablira un jour la tradition de la monarchie au féminin aux Pays-Bas. © Koninklijk Huis/Jeroen van der Meyde

Couronnes au féminin

L'Europe royale de demain sera résolument féminine. Aux Pays-Bas, Amalia marche sur les traces de ses ancêtres. Wilhelmine, Juliana, Beatrix... et un jour Amalia, chez les Néerlandais, la couronne reste décidément une affaire de femmes. Un peu comme si la parenthèse de Willem-Alexander constituait une exception dans l'histoire de la famille. Avec une Europe royale et féminine, la couronne se mettra aussi à l'unisson d'une Europe plus moderne et qui adopte résolument l'égalité des chances et des charges pour les deux sexes. Une ouverture qui prend toute sa signification dans un monde où certains voudraient considérer les femmes comme des citoyennes de seconde zone. Avec ses soeurs, Amalia poursuit sa vie de jeune fille, tenue soigneusement à l'écart de la vie officielle, sauf dans de rares occasions. Autre point commun de la jeune génération, il s'agit aussi de les protéger des dangers d'un monde qui apparaît de plus en plus incertain. Plus que jamais, ceux qui symbolisent le pouvoir ou l'image même de l'Etat sont au centre des menaces. Nos Etats doivent aussi protéger ceux et celles qui les représenteront demain.

Ingrid Alexandra, le jeune visage de la couronne norvégienne. Christian, un prince dans un monde de princesses.

Ingrid Alexandra, le jeune visage de la couronne norvégienne. Christian, un prince dans un monde de princesses. © Isopix/Rex Features/Tim Rooke (photo Christian)

Des familles (presque) comme tout le monde

En Norvège, c'est aussi une petite fille très mignonne, la Princesse Ingrid Alexandra, qui succédera un jour futur et lointain à son père, l'actuel Prince héritier Haakon. C'est à tel point que le beau Prince Christian de Danemark risque un jour de se sentir bien isolé dans cette Scandinavie royale au féminin. Pour autant, la famille royale danoise renvoie aussi le visage d'une certaine modernité. Le Prince Joachim a fait deux mariages et se trouve à la tête d'une famille recomposée. En Norvège, la Princesse Mette-Marit était déjà la maman d'un petit Marius avant son mariage avec le Prince Haakon. Pour terminer ce tour d'Europe des petits princes qui représentent le futur du gotha, il faut aller sur le Rocher.

Les naissances de Jacques et Gabriella ont métamorphosé le couple régnant à Monaco.

Les naissances de Jacques et Gabriella ont métamorphosé le couple régnant à Monaco.

De toute évidence, la naissance du Prince Jacques et de la Princesse Gabriella a modifié radicalement la donne à Monaco. D'une certaine manière, le Prince Albert II est pleinement devenu souverain quand il a donné des héritiers au trône. Et que dire de Charlène dont beaucoup avaient douté qu'elle puisse un jour assu complètement son rôle de princesse ? Depuis qu'elle est devenue maman, l'ancienne nageuse de compétition a trouvé un nouveau sens à sa vie et n'a jamais paru aussi heureuse. Des mamans bien dans leur peau, proches de leurs enfants et attentives à leur épanouissement. Bref, des mamans aimantes avant d'être reines et princesses. Et si c'était cela le secret de la réussite de la future Europe royale ?

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