Máxima des Pays-Bas - Mère, épouse et reine dotée d'une mission

03/03/16 à 00:30 - Mise à jour à 02/03/16 à 16:42

Source: Royals

Photographe de presse, Robin Utrecht voyage dans le sillage de Willem-Alexander et de Máxima depuis 14 ans. Il avait déjà assuré le déplacement de la Reine Máxima au Bangladesh mais le voyage au Pakistan était encore plus risqué. Cependant la reine n'a pas hésité d'assumer ses responsabilités en sa qualité d'Avocate spéciale des Nations Unies pour la finance inclusive.

Máxima des Pays-Bas - Mère, épouse et reine dotée d'une mission

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Ambassadrice de l'ONU dans l'âme

La Reine Máxima en terrain dangereux

Une des principales missions de la Reine des Pays-Bas est de faciliter l'accès des banques et des crédits aux femmes partout.

Une des principales missions de la Reine des Pays-Bas est de faciliter l'accès des banques et des crédits aux femmes partout.

Le voyage de la Reine Máxima au Pakistan afin d'y parler finances pour le compte des Nations Unies, cela n'aura pas été une mince affaire ! Avec ses 600 attaques et ses 1000 morts par an, le Pakistan a la réputation d'être un pays à "haute menace terroriste", surtout à l'égard des étrangers. "La reine ne s'expose-t-elle pas imprudemment au danger ?"... La question était sur toutes les lèvres. Récemment, la Princesse Mary de Danemark annulait un voyage humanitaire au Burkina Faso en raison des risques supposés de ce déplacement. La souveraine des Pays-Bas, elle, ne s'est pas laissé démonter. Son souhait le plus cher est d'assumer les responsabilités que le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, lui a attribuées. Le but : encourager, en sa qualité d'Avocate spéciale pour la finance inclusive, les pays du monde à rendre les services financiers accessibles à tous afin que les personnes à bas revenus puissent elles aussi ouvrir des comptes d'épargne ou se voir octroyer des prêts et des assurances. Ce n'est pas la première fois que la reine se hasarde dans un pays à hauts risques. En novembre 2015, elle s'était déjà rendue au Bangladesh, pays également en proie à beaucoup d'agitation. A présent, c'était au tour du Pakistan.

Fait exceptionnel : Máxima avait à peine posé le pied à terre que, déjà, une rencontre de presse était au programme. Elle s'est déroulée à une heure du matin, après un voyage de neuf heures et demi en avion. "C'est à cela que l'on voit tout de suite la différence entre une visite d'Etat ou une visite officielle et une visite de travail comme celle-ci, où le faste est beaucoup moins au rendez-vous", explique Robin Utrecht, un des rares photographes de presse néerlandais à avoir effectué le déplacement avec la délégation royale. C'est ainsi que les Néerlandais ont également pu découvrir des images exceptionnelles de leur souveraine... sans maquillage. "Elle a porté des tenues très décontractées pour le reste du programme aussi", remarque le photographe. "Elle s'est juste mise sur son trente-et-un pour rendre visite au Premier ministre et au président", ajoute-t-il.

Sous bonne garde

Photographe de presse, Robin Utrecht voyage dans le sillage de Willem-Alexander et de Máxima depuis 14 ans. Il est donc bien placé pour expliquer le caractère exceptionnel de cette visite de travail. Le photographe avait également assuré le déplacement au Bangladesh, mais ce voyage-ci était encore plus risqué. "Nous avons pu le remarquer dès notre arrivée. Par exemple, je n'ai pas été autorisé à aller de l'aéroport à mon hôtel de ma propre initiative ; on est venu me chercher en voiture blindée. La souveraine se déplaçait elle-même toujours en véhicule blindé. Lorsque nous avons quitté la capitale d'Islamabad pour nous rendre dans la ville voisine de Rawalpindi, nous avons été escortés par des agents de sécurité armés qui étaient postés tous les 100 mètres sur l'autoroute. Toute la circulation a été arrêtée dans les deux sens." Il paraît que la voiture blindée de la souveraine était même suivie par un véhicule équipé d'appareils spéciaux permettant de prévenir les attaques à l'aide de moyens électroniques. "Il ne s'est rien passé pendant ce voyage, mais on ressentait constamment un danger imminent", témoigne Robin Utrecht.

A Islamabad elle a été reçue par le Président Mamnoon Hussain.

A Islamabad elle a été reçue par le Président Mamnoon Hussain.

Assignée à son hôtel

La Reine des Pays-Bas a été reçue par le Président Mamnoon Hussain et le Premier ministre Nawaz Sharif à Islamabad. Mais pour le reste, le nombre de déplacements a été fortement limité. Sécurité oblige. "D'habitude, la souveraine va beaucoup plus vers les gens. Cette fois, pourtant, ce sont les gens qui sont venus à elle. Jamais auparavant elle n'avait mené autant de réunions dans son hôtel... Il y en a eu une bonne quinzaine." Des réunions organisées avec des représentants du secteur bancaire et des télécoms, entre autres. En tant qu'Avocate spéciale pour l'ONU, Máxima évoque régulièrement le nom de Ban Ki-moon. Un avantage, bien sûr, dans la mesure où c'est en son nom que la souveraine tente de réunir les différents acteurs et de conclure des accords, qui doivent être respectés par la suite. Et qui sont suivis par l'épouse du roi depuis les Pays-Bas. Du reste, Máxima doit elle aussi régulièrement rendre compte à "son patron" concernant son travail et les résultats obtenus.

Pour les femmes

La souveraine néerlandaise a par ailleurs visité trois projets visant à faciliter l'accès à des moyens financiers aux personnes les plus défavorisées. Ainsi s'est-elle rendue à Islamabad pour s'entretenir avec des femmes qui ont pu bénéficier d'un projet et devenir plus autonomes grâce à un compte bancaire qu'elles peuvent gérer au moyen d'une identification par empreinte digitale, ce qui réduit les risques de fraude. Faciliter l'accès des banques et des crédits aux femmes des quatre coins du monde, voilà l'une des principales missions que la souveraine estime devoir remplir dans le cadre de ses attributions onusiennes. "La reine a pu discuter avec ces femmes parce qu'elles ont fait l'objet d'une enquête préalable", explique Robin Utrecht. "Nous avons été autorisés à prendre quelques photos. Ensuite, les dames ont eu près d'une heure pour raconter leur histoire à l'Avocate spéciale des Nations Unies."

Le Pakistan a la réputation d'être un pays à "haute menace terroriste", mais Máxima ne s'est pas laissé démonter pour assumer ses responsabilités en sa qualité d'Avocate spéciale pour la finance inclusive.

Le Pakistan a la réputation d'être un pays à "haute menace terroriste", mais Máxima ne s'est pas laissé démonter pour assumer ses responsabilités en sa qualité d'Avocate spéciale pour la finance inclusive.

Une reine missionnée

Ce voyage sans tralala avait également ses avantages pour la presse. "Comme peu de médias néerlandais avaient fait le déplacement, nous avions plus de contacts avec la reine que d'habitude. Et la souveraine elle-même a fait en sorte que nous puissions faire de belles images. Ce qui n'était pas toujours facile, parce que la presse pakistanaise était présente en masse et que nous nous marchions souvent sur les pieds." Cela étant dit, la prise de belles images a été le cadet des soucis de la souveraine au cours de ce voyage de trois jours. Elle était là en premier lieu pour travailler sans ménager ses efforts. Et comme, en cas de voyage à l'étranger, elle se fait un point d'honneur de ne pas laisser ses filles seules trop longtemps, elle enchaîne littéralement les rendez-vous. Mais quel bonheur pour elle de pouvoir rentrer aux Pays-Bas en ayant engrangé des résultats encourageants ! Même si l'épouse du roi ne manque pas d'occupations dans son pays d'adoption, l'économiste en elle souhaite apporter sa pierre à l'édifice à sa façon. Un édifice qui ne se borne pas aux Pays-Bas. Du reste, Máxima avait une autre raison de se réjouir : ses futures vacances au ski avec son époux et leurs enfants. De nouveau à Lech, là où la famille d'Orange se sent la plus unie dans ses joies et ses peines. Et si la souveraine a raconté son voyae pakistanais, gageons que quelques enfants l'auront écoutée... en écarquillant les yeux.

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