Philippe et Mathilde, des parents modèles...

01/10/15 à 00:30 - Mise à jour à 15:58

Pas simple d'élever des petits princes et des petites princesses dont l'une deviendra un jour la souveraine de la Belgique. Philippe et Mathilde sont très investis dans l'éducation de leurs enfants et innovent par rapport à leurs prédécesseurs. Comment sont éduqués les futurs souverains d'Europe et la future Reine des Belges ?

Philippe et Mathilde, des parents modèles...

© Palais Royal

La Reine Mathilde répète souvent qu'elle n'a pas qu'un enfant, elle en a quatre ! Une petite mise au point nécessaire pour se rappeler que la Princesse Elisabeth ne doit pas être la seule à être mise en avant dans les médias mais qu'il faut aussi tenir compte des Princes Gabriel et Emmanuel, sans oublier la petite Princesse Eléonore. Comme n'importe quelle maman, Mathilde sait à quel point il est important de placer tous ses enfants sur pied d'égalité et de ne se livrer à aucune forme de favoritisme. Si cette attitude paraît évidente dans n'importe quelle famille "normale", elle est beaucoup plus compliquée à appliquer dans une famille royale. Le challenge est d'autant plus délicat que Mathilde et Philippe ne disposent pas d'exemple récent dans l'histoire de la monarchie en Belgique. Il faut remonter aux années 30 et au couple Léopold et Astrid pour connaître un couple royal avec trois jeunes enfants. Depuis lors, le cas de figure ne s'est plus représenté. L'éducation des enfants d'Albert et Paola (alors Princes de Liège) a été préservée, au moins dans un premier temps, d'une hypermédiatisation telle qu'on la connaît aujourd'hui. Tout restait donc à inventer à la cour de Belgique pour éduquer les petits princes dans le respect de la tradition mais en tenant compte de la modernité.

Philippe et Mathilde, des parents modèles...

© Palais Royal

Respect de la vie privée

Toutes les familles royales rencontrent le même problème de gestion d'image des enfants princiers. Le défi est difficile puisqu'il s'agit à la fois d'obéir aux exigences de la royauté qui impose que les princes soient mis en pleine lumière dès leur plus jeune âge. En même temps, il faut éviter les dérapages en espérant que les journalistes ne franchiront pas la ligne rouge. C'est le cas en Angleterre avec Kate et William qui ont manifesté plusieurs fois leur déception - et même leur colère - face à une presse qui ne respectait pas la tranquillité de la vie de leur fils. Véritable coqueluche des médias, le Prince George est traqué par les paparazzi et la moindre sortie avec sa nounou se transforme rapidement en course-poursuite avec les photographes. Kensington Palace a tiré la sonnette d'alarme en rappelant qu'il s'agissait d'un enfant et qu'il fallait le préserver. Même réaction en Belgique quand certains quotidiens ont tenté d'en savoir plus sur les hobbys et les habitudes des petits princes. Le Palais a courtoisement (mais fermement) rappelé qu'il s'agissait avant tout d'enfants et qu'il fallait respecter leur vie privée. Pour le moment, une forme de modus vivendi est respectée mais le service de communication du Palais surveille les dérapages des médias comme l'huile sur le feu. Attention à ne pas franchir la ligne rouge !

Bébés-stars

Pour autant, l'image des petits princes fait aussi partie des atouts de la monarchie et il faut savoir en jouer avec adresse et même un certain sens de la diplomatie. En Suède, le royaume est sujet à une véritable "Estellemania" depuis la naissance de la première fille de la Princesse héritière Victoria et de son mari le Prince Daniel. Presse, télévision, cartes postales, gadgets... Estelle est partout et les Suédois en veulent toujours plus ! A trois ans, elle est déjà une professionnelle des médias, tant son image est associée aux grands événements qui jalonnent l'année royale. Elle n'a pas son pareil pour saluer la foule, adresser des petits sourires et parfois, jouer les canailles mais en restant toujours sage. Au Royaume-Uni, la reine a parfaitement conscience de l'importance que revêt l'image de toutes les générations de la famille royale dans le dispositif monarchique. Il ne faut donc pas s'étonner si la véritable star du périple de William et Kate en Australie et en Nouvelle-Zélande en 2014 a été le Prince George ! Au Pays-Bas, Willem-Alexander et Máxima ont choisi de ménager des moments de visibilité médiatique tout au long de l'année en compagnie de leurs trois princesses. Même chose pour la rentrée des classes ou quelques rares événements publics. Il s'agit de ne pas les surexposer et d'éviter les débordements. En Espagne, les petites Infantes Leonor et Sofia ont été associées aux activités royales dès l'accession au trône de leur papa, le nouveau Roi Felipe VI. Très sages tout au long de la journée d'intronisation, elles incarnaient dès les premières heures du nouveau règne le futur de la couronne qui voulait tourner le dos à quelques mauvais souvenirs du passé, comme les scandales financiers, privés et les parties de chasse en Afrique. Mais en dehors de ces moments bien particuliers, Felipe et Letizia veillent à ne pas trop les confronter aux caméras et aux photographes.

Philippe et Mathilde, des parents modèles...

Philippe et Mathilde innovent

En Belgique, Philippe et Mathilde ont développé une attitude originale. Leur manière de procéder est tellement différente qu'on pourrait presque parler de stratégie. Fidèles à leur parole, ils ne veulent pas privilégier tel ou tel enfant et adaptent leur présence selon les événements. Ces derniers mois, on a ainsi pu voir la Princesse Eléonore à Blankenberge pour la traditionnelle bénédiction de la mer avec sa maman. Quant au Prince Gabriel, il était avec son père le Roi Philippe en Suisse à Küssnacht pour commémorer la disparition de la Reine Astrid. Même répartition des tâches quand il s'agit des matches de football. Bien sûr, cela n'empêche pas la famille de se retrouver au grand complet pour des célébrations importantes comme, bien sûr, le 21 juillet. En pratiquant cette politique de répartition familiale selon les événements, tous les enfants se frottent au monde des médias et sont mis en avant mais sans excès. La Reine Mathilde a étudié la psychologie et celle des enfants est un domaine qui la passionne et qu'elle connaît bien. Plus que toutes les Reines des Belges, elle veut exercer pleinement son rôle de maman. A la fois présente, attentive et toujours prête à donner des conseils. Depuis son mariage avec le Prince Philippe, elle a découvert les réalités de la vie officielle. Elle a aussi appris à en éviter les pièges et à reconnaître ceux qui voudraient la voir trébucher. C'est le lot de toute personnalité publique et elle s'en acquitte, de l'avis général, fort bien.

Hier, des parents absents

Par le passé, les souverains des Belges avaient tendance à déléguer l'éducation des petits princes à des gouvernantes dont c'était le travail. Des nounous qui jouaient un rôle de deuxième maman pendant que la reine était monopolisée par ses occupations. C'était d'ailleurs le cas dans toutes les monarchies européennes. On raconte même que le petit Prince Charles en Angleterre ne reconnaissait pas sa maman quand elle rentrait de voyage à travers le monde. En Belgique, les princes devaient parfois demander une audience pour pouvoir parler à leur propre père. Pour le jeune Baudouin, une fausse école avait été recréée au palais pour qu'il ait l'illusion d'être un enfant comme les autres. Heureusement, toutes ces pratiques d'un autre âge sont bien révolues !

Philippe et Mathilde, des parents modèles...

Elisabeth, le futur de la monarchie

Il n'en reste pas moins que la Princesse Elisabeth est en première ligne. En sa qualité de Duchesse de Brabant, elle sera amenée à prendre un rôle de plus en plus important au sein de la couronne. Elle n'a que neuf ans quand elle inaugure une division consacrée aux enfants à l'hôpital universitaire de Gand. Elle est sur le point de souffler ses 13 bougies lorsqu'elle prononce un discours à Ploegsteert pour commémorer le centenaire de la Première Guerre mondiale. Là, devant une assistance nombreuse, la jeune princesse prend la parole et surprend tout le monde par l'aisance avec laquelle elle s'exprime dans les trois langues nationales. Par-delà ses talents linguistiques, c'est surtout son naturel en public qui marque les esprits. Pour Philippe et Mathilde, l'éducation et la formation d'Elisabeth seront, dans les années à venir, au coeur de leurs préoccupations. Il va falloir permettre à la jeune fille de vivre son adolescence de la manière la plus harmonieuse mais aussi de la former à son futur métier et de l'aguerrir aux usages de la fonction royale. En Belgique, les souverains ont souvent été amenés à apprendre leur futur rôle plus tard ou parfois, comme ce fut le cas pour Baudouin, trop tôt. Elisabeth a la chance de vivre son rôle de Duchesse de Brabant avec ses parents proches d'elle et encore jeunes. Cela représente une grande différence qui façonnera en grande partie sa personnalité. D'ici là, rien ne l'oblige à grandir trop vite. Mathilde et Philippe sont soucieux de préserver leurs enfants et de leur permettre de vivre chaque âge de leur vie. C'est le plus beau cadeau qu'ils puissent leur faire.

Philippe et Mathilde, des parents modèles...

Philippe et Mathilde, des parents modèles...

A l'occasion du dimanche sans voitures, Philippe et Mathilde et leurs quatre enfants se sont amusés au Paralympic Day dans le Parc du Cinquantenaire.

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