"Sois une femme libre", une campagne sur le web contre le machisme au Maroc

25/07/18 à 10:20 - Mise à jour à 10:19

Source: Afp

"Sois une femme libre": depuis près d'une semaine, des Marocaines défendent sur les réseaux sociaux leur droit de s'habiller librement, avec en toile de fond un sentiment général de raidissement social.

"Sois une femme libre", une campagne sur le web contre le machisme au Maroc

Image prétexte © ISOPIX

La campagne a vu le jour après la diffusion, sur une page Facebook vantant les bienfaits de la finance islamique, d'un message incitant les hommes à interdire à "leurs femmes de sortir dans des tenues indécentes". La publication a suscité une salve de réactions indignées sur les réseaux sociaux.

"Luttons contre les injonctions patriarcales et l'obscurantisme, sois une femme libre, libre de porter un maillot/un bikini ou pas, libre d'aller à la plage ou pas, libre de tes décisions et de tes choix", a riposté le Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (Mali).

Sous le hashtag "Sois une femme" ou "Sois une femme libre", de nombreuses Marocaines ont posté sur Facebook et Instagram des photos d'elles en maillot de bain. "Ne laissons pas l'obscurantisme gagner du terrain!", a commenté une internaute sur Twitter. "Ne laissez pas ces frustrés confisquer le peu de liberté qu'on vous accorde", a écrit une autre.

Si rien n'interdit aux femmes de se baigner en maillot de bain au Maroc, les commentaires font état d'un certain raidissement social, avec de moins en moins de femmes en bikini sur les plages. Le royaume a une réputation de tolérance religieuse au sein du monde arabo-musulman, mais la société y demeure profondément conservatrice.

L'égalité des sexes, la place des femmes dans l'espace public ou la violence dont elles sont victimes font souvent débat dans le pays. Selon une étude publiée en 2017 par l'ONU femmes, 72% des hommes et 78% des femmes au Maroc estiment qu'"une femme habillée de façon provocante mérite d'être harcelée".

Une loi contre les violences faites aux femmes, sanctionnant pour la première fois le harcèlement, a été adoptée en février.

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