Une jeune femme publie la vidéo de son agression sur les réseaux sociaux, pour alerter sur le harcèlement de rue

30/07/18 à 13:54 - Mise à jour à 13:55

Source: Afp

Pour dénoncer le harcèlement de rue, elle a fait appel aux réseaux sociaux: une jeune femme a publié la vidéo de son agression à Paris par un homme qui l'a frappée au visage lorsqu'elle lui a répondu après des remarques obscènes.

[EDIT : A tous ceux qui disent que les témoins n'ont pas assez bien réagi : tout s'est passé très vite et ils n'ont pas eu le temps de comprendre la situation. L'agresseur était dangereux. Après l'agression, je suis revenue et les témoins ont été d'un grand soutien, merci de ne pas les lyncher] Hier soir, alors que je rentrais chez moi, vers le Boulevard de la Villette dans le 19ème arrondissement à Paris, j'ai croisé un homme. Il s'est permis de m'adresser des bruits/commentaires/sifflements/coup de langue sales, de manière humiliante et provocante à mon passage. Pas de chance, c'était pas le premier de la journée et j'étais fatiguée. J'ai donc lâché un "ta gueule" en traçant ma route. Car je ne tolère pas ce genre de comportement. Je ne peux pas me taire et nous ne devons plus nous taire. Ça n'a pas plu à cet homme. Après m'avoir jeté un cendrier dessus, il est revenu sur ses pas et m'a suivi dans la rue. Il m'a frappé au visage, en pleine rue, en pleine journée, devant des dizaines de témoins. J'ai porté plainte. Ce n'est pas le seul. Le harcèlement c'est au quotidien. Ces hommes qui se croient tout permis dans la rue, qui se permettent de nous humilier et qui ne supportent pas qu'on s'en offusque, c'est inadmissible. Il est temps que ce genre de comportement CESSE. #NousToutes

Geplaatst door Marie Laguerre op Woensdag 25 juli 2018

Tout est parti d'un post sur Facebook: Marie Laguerre, 22 ans, a raconté mercredi sur la plateforme, images de vidéosurveillance à l'appui, comment un homme lui avait adressé mardi soir des "bruits/commentaires/sifflements/coup de langue sales, de manière humiliante et provocante" alors qu'elle rentrait chez elle, dans le nord-est de Paris.

"J'ai donc lâché un "ta gueule" en traçant ma route. Car je ne tolère pas ce genre de comportement. Je ne peux pas me taire et nous ne devons plus nous taire", décrit-elle dans sa publication.

Mais "ça n'a pas plu à cet homme", poursuit-elle, expliquant qu'il lui a d'abord "jeté un cendrier dessus", avant de la suivre, de la "frapper au visage en pleine rue, en pleine journée, devant des dizaines de témoins".

Le texte est accompagné de la scène filmée par la vidéosurveillance du bar devant lequel les faits se sont déroulés.

On y voit l'agression, suivie de l'intervention de plusieurs témoins à la terrasse du café qui tentent de parler avec l'homme après l'agression, et l'empêchent de s'approcher à nouveau de la jeune victime, avant que l'agresseur ne finisse par s'en aller.

La jeune femme a porté plainte, a appris l'AFP de source policière.

Samedi, Marie Laguerre a eu cette fois eu recours à Twitter pour interpeller sur le harcèlement de rue en publiant:

Interrogée par le quotidien Le Parisien, elle explique avoir "la pommette et l'arcade abîmées" et se dit "dépassée par l'ampleur qu'a prise la vidéo", retweetée des centaines de fois, tout comme la publication Facebook (en accès libre), a suscité des centaines de commentaires.

Contactée par l'AFP dimanche, la jeune femme n'a pas souhaité faire de commentaires sur son agression, se disant "exténuée".

"L'enjeu est grave: c'est celui de la liberté des femmes de circuler librement dans l'espace public", a commenté Marlène Schiappa dans un entretien publié dimanche sur le site internet du Parisien.

Elle a rappelé que "le droit actuel sanctionne (le) type d'agression" dont a été victime Marie Laguerre. Mais, ajoute-t-elle, "la grande nouveauté est que la loi va permettre d'agir en amont pour empêcher la gradation de la violence". "C'est primordial: en interdisant le harcèlement de rue, en sanctionnant par une amende de classe 4 les outrages sexistes, on abaisse le seuil de tolérance, on dit qu'il n'y a plus de fatalité", explique la secrétaire d'État.

Elle assure que "les premières amendes devraient être mises à l'automne".

Le projet de loi contre les violences sexistes et sexuelles, voté en mai par l'Assemblée, vise à créer un "outrage sexiste" pour le harcèlement de rue, passible de 90 euros minimum d'amende immédiate.

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